JACKIE MITTOO

 

Il est des musiciens, qui de par leur contribution active et leur talent ont été admirés par plusieurs générations de fans. Pour la musique jamaïcaine, Jackie Mittoo était de ceux-là. Pianiste, organiste, compositeur, arrangeur.... Mittoo était l'un des meilleurs dans tous ces domaines. Influencé par de nombreux musiciens américains Soul ou Jazz (Jimmy Smith, Booker T. Jones) , il saura avec brio imposer son style et contribuera fortement au succès des artistes Ska et Rocksteady de Studio One. L'empreinte de Jackie Mittoo dans la musique jamaïcaine sera à jamais indélébile.

 

Donat "Jackie" Mittoo est né le 3 mars 1948 à Browns Town, dans la paroisse de St Ann, Jamaïque. Il commence à jouer du clavier à l'âge de 4 ans aidé par les conseils avertis de sa grand mère qui était professeur de musique. Déjà, à l'école, il était très actif musicalement. Au York Castle High School, à Browns Town, il jouait du piano pendant les pauses de l'inter-cours, puis plus tard au collège de Kingston, il prit l'habitude de jouer pendant l'heure du déjeuner sur le piano qui se trouvait dans le laboratoire de chimie. Curieux endroit pour un piano, mais c'était ainsi ! Jackie expliquait, lors d'une interview en 1982, qu'un jour lors de sa session de la pose déjeuner, le proviseur , Mister Douglas Forrest, était venu l'écouter et lui avait dit : "Continue à jouer dans ce collège !"

Ce fait est révélateur du talent qui émanait de Jackie Mittoo déjà à cette époque. C'est au collège aussi que Jackie Mittoo rencontrera d'autres musiciens qui deviendront célèbres plus tard comme Tyrone Downie et Horace Swaby (Augustus Pablo). Horace et Tyrone jouaient déjà ensemble beaucoup de compositions de Mittoo. on les surnomma vite The Jackie Mitree.

Jackie Mittoo commença à jouer professionnellement à l'âge de 13 ans en 1961. Il jouait après l'école avec des groupes tels que The Vagabonds, The Vikings et The Rivals.  The Rivals avaient été formés par Ansel Smart, un passionné de musique qui avait acheté un orgue et une guitare basse mais qui ne savait jouer ni de l'un, ni de l'autre. On trouvait aussi dans  cette formation Vivian Smith, qui était ami des principaux chanteurs de Kingston (Derrick Morgan, Jimmy Cliff etc...), et qui chantait avec Tony DaCosta.

Quelquefois Jackie "séchait" l'école pour aller jouer au Federal Recording Studio (un des plus anciens studio de l'île). C'est dans cet endroit que Jackie rencontra pour la première fois Clement Coxsone Dodd (Dodd n'eut son propre studio qu'en 1963). Il lui demanda de jouer un jour où le pianiste était absent, pour une session de Delroy Wilson (Delroy Wilson était déjà une star en Jamaïque depuis son duo Higgs & Wilson). 

Jackie Mittoo commença a attirer l'attention du public de l'île lorsqu'il joua fin 1962 avec The Sheiks Band qui était managé par Ian Jones. The Sheiks comprenaient Lloyd Spence (basse), Nearlin "Lyn" Taitt (guitare), Lloyd Knibb (Batterie), Roy Sterling (le frère de Lester) et Johnny Moore (trompette), Headley Bennett (qui devint plus tard musicien de studio pour Lee Perry) et Bobby Gaynair (saxophone), Lloyd Wiks, Norma Frazer, Honey Boy Martin, Dobbie Dobson (chant) et quelques autres musiciens et chanteurs. 

The Sheiks jouaient tous les dimanches en première partie des films diffusés dans des cinémas comme The Majestic, The Johnson Drive In, The Tropical, The Rialto ou The Ambassador ou des clubs comme The Gunboat ou The Sombrero Club. Déjà, Jackie avait un "plus" et faisait aller le groupe de l'avant grâce à ses arrangements musicaux.

Après un petit break, The Sheiks Band réapparu sous le nom de The Cavaliers Orchestra avec Bill Gentles comme manager. Le premier concert eu lieu le premier août 1963 à Kingston. Le journal The Gleaner fit l'éloge du groupe dans ses pages quelques mois plus tard.

Norma Frazer rencontra pour la première fois Jackie Mittoo lorsqu'il faisait partie de The Rival Band et qu'il jouait au Carib Theatre en 1961. Déjà, il était très attentif aux autres musiciens et donnait des directives. Lyn Taitt (guitariste d'exception) déclarait : "Il avait du charisme et le public aimait cela". Lynn Taitt rencontra Mittoo en 1962 lorsqu'il rejoignit The Sheiks Band : "Il jouait d'un petit piano à 16 notes nommé Clavotine quant je l'ai rencontré la première fois" déclara aussi Taitt. 

Mittoo avait  impressionné Coxsone Dodd qui lui demanda de commencer des sessions dans son tout nouveau studio en octobre 1963 qui se trouvait au 13 Brentford Road, Kingston. Norma Frazer signa pour Studio One (label de Coxsone Dodd) peu de temps après. Norma raconte le rôle de Jackie Mittoo lors des sessions : "Jackie jouait sur tous les morceaux, il composait, il arrangeait, tout se transformait et s'améliorait entre ses mains. Par exemple pour ma chanson "First Cut Is The Deepest", c'est Jackie Mittoo qui a mis au point l'intro. Il arrangeait et me laissait tous les crédits."

Fin 1963, Jackie Mittoo commence à discuter de la formation d'un groupe, avec des musiciens qui travaillaient à Studio One (qui en plus d'être le nom d'un des labels de Coxsone, était aussi le nom de son studio) comme Tommy McCook, Lloyd Brevette et Lester Sterling. Le chanteur de Calypso / Mento Lord Tanamo était présent lors d'une des ces discussions et il fut décidé que tout le monde se retrouverait à L'Odeon Theatre pour trouver un nom au groupe. The Odeon Theatre appartenait à Dada Tawari, qui acceptait d'acheter les micros et les autres équipements de sono permettant aux groupes jouant chez lui de se produire. 

Après pas mal de propositions, le nom de The Skatalites (rapport avec les premiers satellites Russes lancés autour de la terre) fut choisi. The Skatalites deviendront très vite la meilleure formation professionnelle de l'île. Au départ, le groupe était composé de Don Drummond (trombone), Roland Alphonso et Tommy McCook (sax ténor), Lester Sterling (sax alto), Johnny Moore (trompette), Jackie Mittoo (piano), Lloyd Brevette (basse), Lloyd Knibbs (batterie) et Jah Jerry (guitare). The Skatalites étaient parfois complétés par d'autres musiciens comme le guitariste Ernest Ranglin. 
Le groupe joua ensemble près de deux ans , Jackie en était le membre de plus jeune. The Skatalites enregistrèrent des dizaines de titres chez beaucoup de producteurs dont deux des plus importants étaient Duke Reid et Clement "Coxsone" Dodd. Mis à part les disques sous leur nom, The Skatalites accompagnèrent presque tous les groupes vocaux et chanteurs de la période Ska. Coxsone aimait dire à cette époque : "Voilà L'union des deux moitiés opposées de Kingston, celle des chanteurs (originaires en général de la moitié est) et celle des musiciens (issus des différents quartiers ouest)." Chez Coxsone, sous la lumière du studio monopiste, les deux moitiés géographiques de la puissante culture des ghettos se rejoignaient au rythme bondissant du Ska.

Les origines du Ska ont fait et font encore couler beaucoup d'encre. Roland Alphonso racontait en 1992 que la rythmique Ska avait été créée par les futurs membres des  Skatalites lors d'une répétition dans le studio de Coxsone. Le groupe jouait du Blues et Coxsone vint leur demander de créer quelque chose de "plus jamaïcain", "quelque chose de nouveau". Le groupe éclata de rire et continua à jouer du Blues, quand, d'un seul coup, Jah Jerry se mit à saccader le rythme avec sa guitare. Le Ska était né !

Bien entendu il y a des dizaines d'autres versions racontés par divers musiciens qui ont connu cette époque. Celle de Jackie Mittoo est certainement celle qui est la plus crédible. Selon lui, c'est le titre "Easy Snappin'" de Theophilus Beckford (produit par Dodd en 1959), qui a montré la voix de la transition du Boogie et du Rhythm 'N' Blues joué par les jamaïcains au Ska. Pour ce qui est de l'appellation de cette musique, Jackie Mittoo raconte que le mot utilisé en premier était "Staya Staya". Les gens disaient qu'ils voulaient jouer "un peu de Staya Staya". Jackie affirme aussi que c'est Byron Lee qui a introduit le mot "Ska". 

Parmi les groupes accompagnés par The Skatalites il y avait The Wailing Wailers qui comprenait dans sa formation Bob Marley, Peter Tosh et Bunny Wailer. The Wailing Wailers enregistreront une multitude de titres pour Coxsone accompagnés par The Skatalites. "Simmer Down", par exemple, single des Wailing Wailers paru sur le label Downbeat de Coxsone fin 63 et qui fut numéro un en Jamaïque quelques semaines plus tard fut arrangé par Roland Alphonso et Jackie Mittoo.

Lloyd Knibb, qui connaissait Mittoo depuis The Sheiks Band et The Cavaliers expliquait : "Quand je l'ai rencontré, Jackie était très jeune, c'était un petit garçon mais il pouvait jouer. Il était un génie derrière ses claviers et il pouvait faire les arrangements de n'importe quelle chanson. Il a arrangé des centaines de chansons et était quelqu'un de très important à Studio One. Par exemple c'est lui qui s'est occupé de faire répéter The Heptones lors de leur première session à Studio One".
Après la séparation des Skatalites, Coxsone Dodd exploite beaucoup les talents créatifs de Jackie. la carrière solo de Mittoo commence en 1966. Son premier grand succès fut une version clavier du titre qu'il avait composé pour The Heptones  "Fatty Fatty". Le début de la carrière solo de Jackie coïncide à peu près avec les débuts de The Soul Vendors (composé par plusieurs anciens Skatalites), groupe vedette de Coxsone pendant la période Rocksteady. C'est Jackie Mittoo & The Soul Vendors qui sortiront la version instrumentale de "Fatty Fatty" appelée "Ram Jam". Plus tard, Jackie fit une autre version clavier toujours sur ce riddim, mais avec The Sound Dimension comme backing band. Le titre fut rebaptisé "Gold Mine".

"Quand l'ensemble Skatalites éclata en 1965, Dodd se dépêcha de former un nouveau groupe de studio : The Soul Brothers, sous la direction de Roland Alphonso. The Soul Brothers fournirent un support musical à la période finale du Ska, et surtout, sous la direction de Jackie Mittoo, passèrent directement au Rocksteady. Alphonso assuma la responsabilité de tous les arrangements de cuivres, alors que Jackie écrivait la musique pour les chanteurs qui enregistraient avec Studio One. Quoiqu'on n'ait pas, alors, attribué à Jackie la qualité de co-auteur (Coxsone, signait souvent les titres à sa place, et bien sûr, empochait l'argent qui allait avec ! NDLR), il a joué en fait un rôle fondamental dans le développement de la musique. Il indiquait les lignes au bassiste, écrivait les accords pour le guitariste, se mettait lui-même aux claviers, arrangeait et produisait les disques.../... Le Rocksteady apparut au premier plan en 1966, mais avant qu'il soit largement accepté, certains musiciens le jouait déjà fin 1964. Jackie Mittoo et Theophilus Beckford m'ont dit tous deux que parfois les musiciens, épuisés d'avoir joué pendant plusieurs heures pour les danseurs, ralentissait le tempo, ce qui changeait la nature du rythme du Ska. Ce ralentissement de l'entraînement rythmique pouvait aussi tenir à l'humeur du moment.  Selon Jackie Mittoo, le premier titre de Rocksteady fût "Sound And Pressure" de Hopeton Lewis alors que Byron Lee pense plutôt à "Take It Easy", titre du même chanteur (Hopeton Lewis !) que reprendra ensuite Prince Buster. Mais, aujourd'hui, beaucoup considèrent que l'introduction officielle du Rocksteady fut le "Get Ready, Rocksteady" d' Alton Ellis.   (Sebastian Clarke, "Les Racines Du Reggae" édition Caribéennes).

The Soul Brothers, deviendront ensuite The Soul Vendors, nom choisi par Jackie Mittoo alors que le groupe partait faire une série de concerts en Grande Bretagne avec Ken Boothe et Alton Ellis. Jackie expliquera qu'il avait choisi le nom Soul Vendors à cause du titre Jazz "Peanut Vendor" qui était très populaire aux U.S.A et aux Caraïbes.

Le contrat passé entre Mittoo et Coxsone stipulait que Jackie devait composer 5 nouveaux riddims chaque semaine. cet arrangement dura 5 ans et a permis à Coxsone de produire des centaines de titres. Jackie collabora avec Leroy Sibbles (Heptones) sur les arrangements de la ligne de basse sur des titres tels que "Mean Girl", "Never Let You Go", "How Can I Leave You", "Back Out With It", "Mr Bassie" etc...
Jackie composa aussi "Bobby Bobylon" pour Freddie Mc Gregor, "Baby Why" pour The Cables, "Feel Like Jumping" pour Marcia Griffiths (dont la ligne de cuivres fut reprise sur des dizaines de morceaux dont "Jumping The Gun" de Rico ou encore sur la reprise du hit des Maytals "54-46 Was My Number" par Aswad dans les années 80)., "I'm Still In Love With You" pour Alton Ellis (ce riddim sera repris à la fin des années 70 avec grand succès (N°1 des ventes dans plusieurs pays) par Althia & Donna sur "Uptown Top Ranking" produit par Joe Gibbs).

Chez Clement "Coxsone" Dodd, Jackie a sorti 7 albums : "Jackie Mittoo In London" (1967), "Evening Time" (1968), "Keep On Dancing" (1969), "Now" (1969), "Macka Fat" (1970), "Reggae Magic" (album produit au Canada en 1972 par Jackie Mittoo et Carl Dehaney. Curieusement ce disque fait parti du catalogue Studio One avec un numéro de matrice Studio One), "Showcase" (1983) (recueil de 6 grands riddims Studio One en version longue. Ce disque est disponible en réédition vinyl mais sans pochette).

En 1968, peu après avoir quitté la Jamaïque pour aller visiter Toronto, il commença à jouer dans divers clubs. Il fut vite rejoint dans l'aventure par Lyn Taitt, Johnnie Moore, Bobby Gaynair et Joe Isaacs. Jackie ira ensuite s'installer définitivement à Toronto au Canada. Il retournera tout de même régulièrement en Jamaïque, s'impliquant toujours dans la musique avec Coxsone mais aussi dans les années 70 avec Bunny "Stiker" Lee, sortant entre autres les albums suivants : "Keyboard King", "Hot Blood", "In Cold Blood".  Il enregistrera aussi l'album "The Original" en 1978 pour le label "Third World".

En 20 années de résidence au Canada, Jackie a eu l'occasion de jouer avec des grands tels que Johnny Nash , Quincy Jones, Paul Shaffer, Oscar Peterson... Il montera aussi Jackie Mittoo Quartet avec Harold McGee, Joe Isaacs et Lord Tanamo. Durant les années 80, il divise son temps entre The Black Roots Organisation de Sugar Minott et divers projets : Jackie joue par exemple sur deux titres sur l'album "Labour Of Love" de UB 40. Mais,  et c'est très important, il fait partie de la reformation des Skatalites en 1983 ! C'est Herbie Miller, manager de Peter Tosh, qui eut l'idée de la reformation de ce groupe légendaire. The Skatalites jouèrent en Jamaïque en juin 1983 au Blue Monk Jazz Galery de Kingston à l'occasion du Reggae Sunsplash. Le Label Américain Roir édita les meilleurs extraits de ces concerts (plus de 90 minutes) sur la cassette audio "Streching Out" paru en 1986  (cette maison de disque New Yorkaise publiait à l'époque uniquement des cassettes, quelques années plus tard, "Stretching Out" sortira en CD). En ce début 1998, Roir vient de faire plus fort encore en proposant ces enregistrement remasterisés en CD avec, et c'est le gâteau sur la cerise, (où le contraire !) 5 titres live de ces soirées en bonus, jamais éditées auparavant ("Four Corners", "Exodus", "Old Fowl", "Fidel Castro # 2" et "Welcome Back Home" ! Plus de deux heures de musique ! ("Stretching Out", parution le 15 janvier 1998, référence RUSCD 8237).  Le groupe, composé de membres originaux comme Tommy Mc Cook, Roland Alphonso, Lester Sterling, Johnnie Moore, Jah Jerry, Lloyd Brevett, Lloyd Knibbs et Lord Tanamo (Master Of Ceremony !) et de musiciens additionnels tournera aussi dans plusieurs pays dont la Grande Bretagne. 
Prince Buster en personne viendra saluer la reformation des Skatalites en tapant le boeuf avec eux sur "Al Capone" lors d'une soirée mémorable.

Jackie Mittoo ne fera pas partie  de la formation des Skatalites qui, en 1984, enregistrera un album pour le label Island intitulé "Return Of The Big Guns". En 1985, lors d'une tournée en Afrique avec Musical Youth, Jackie enregistra un album au Ghana dans le Black Note Recording Studio. ce disque est toujours disponible actuellement en Réédition CD et s'intitule "Jackie Mittoo In Africa".

Jackie Mittoo travaillera aussi avec John Holt, Jack Radics, Judy Mowatt, Dennis Brown, Little Roy, UB 40 (sur l'album "Labour Of Love volume 1") et bien d'autres. Il mixera aussi des albums de Sugar Minott, Gregory Isaacs, The Tamlins et Leroy Smart. Il travaillera aussi un peu pour une compagnie d'enregistrements de Miami nommée Skengdon Recording Compagny et aussi pour  Sonny Ochiai et Bullwackie.

En 1989, Jackie rejoint The Skatalites afin de faire les premières parties du "Liberation Tour" de Bunny Wailer. Ken Stewart explique : "Je me suis aperçu qu'avant de rencontrer Jackie Mittoo, je n'avais pas les bons accords pour interpréter les titres des Skatalites, mais au bout de 10 jours avec lui, mes accords étaient bons". 

Un peu avant la dernière date du "Liberation Tour", Jackie Mittoo, Roland Alphonso et Lester Sterling rejoignirent Lord Tanamo, Bryan Atkinson, Lyn Taitt, David Madden, Calvin Cameron, Gladstone Anderson et Winston Grennan au Japon pour une série de concerts. Un CD live explosif et hélas assez difficile à trouver aujourd'hui retrace très bien cette tournée au pays du soleil levant : The Skatalites "Ska Groove In Japan" (CD Live) (Alpha Enterprise ACD-2).

En septembre 1990, Jackie devait jouer avec The Skatalites pour un concert avec Desmond Dekker prévu à Toronto. Jackie à cette époque commençait à être très malade. Il téléphona à son ami Ken Stewart et lui demanda de venir. Ken se souvint d'une discussion pleine d'émotion avec Jackie à propos de la douleur, de l'angoisse du cancer et de la chimiothérapie. Jackie était aussi inquiet car il ne se sentait pas capable de jouer au concert de Toronto. En fait, il joua tout de même, mais Lloyd Knibbs et Ken Stewart se souviennent de ce concert comme le seul ou Jackie joua assis.

Le 16 décembre 1990, à 42 ans, Jackie Mittoo mourut d'un cancer des poumons au Wellesley Hospital de Toronto et fut enterré à Montego Bay en Jamaïque.

Un très grand artiste venait de nous quitter..... Respect à cet homme de génie aux multiples facettes qui nous fera toujours vibrer  à l'écoute des merveilles qu'il a composé, arrangé et joué. 

Reidgis The Duke & Jean-Pierre Boutellier / Skanews

Dédicace spéciale à Brian Keyo / http://www.skatalites.com


MINI DISCOGRAPHIE SELECTIVE D'ALBUMS DISPONIBLES A LA VENTE

- "Jackie Mittoo In London" (1976), Studio One (33 tours)

- "Evening Time" (1968), Studio One (33 tours et CD)

- "Macka Fat" (1970), Studio One (33 tours)

- "Showcase" (1983), Studio One (33 tours uniquement et sans pochette)

- "Striker Lee Showcase", Bunny Lee, compilation Jet Set, CD uniquement

- "Tribute To Jackie Mittoo" (Heartbeat,  compilation double CD).

- "The Keyboard King At Studio One" (Universal Sound)

-Interview de Jackie Mittoo dans le DVD Studio One Story édité fin 2002 par Soul Jazz Records

Bien entendu, pour compléter, écoutez les disques des Skatalites,  ainsi que les artistes et titres cités dans cet article !

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