TOOTS
& THE MAYTALS

The Maytals est certainement le groupe le plus intéressant de la musique jamaïcaine, et il est bon premier dans mon coeur, bien loin devant les autres groupes vocaux et chanteurs. le principal avantage des Maytals tient au fait de leurs influences musicales. Le groupe a su créer des dizaines de standards Ska et Reggae sans jamais lasser ou se répéter grâce à la richesse d'autres musiques qui se marient si bien avec la musique Jamaïcaine : Le Gospel, le Blues, le Rhythm & Blues et la Soul. La voix de Toots se prête merveilleusement bien à ces mélanges. On le compare souvent à un preacher devant ses fidèles dans une église baptiste. La fièvre monte et tout le monde entre en transe devant le maître qui swingue comme un Otis Redding, un Wilson Pickett ou un James Brown. Le trio vocal des Maytals passera les ères Ska, Rocksteady, Early Reggae et Reggae Roots avec brio, sans jamais renier son passé, ses influences et son amour du tout puissant. Toots disait un jour : "Il y a tellement de gens qui portent des Dreads et qui ne savent rien sur Dieu, ils crient "Rastafari... Dread" et portent des flingues, volent et n'ont aucun respect. Ce ne sont pas les dreadlocks qui font un Rasta, mais la foi que l'on a à l'intérieur de soi". Toots n'a jamais porté de Dreadlocks, mais la foi, il l'a en lui et ça se sent dans ses chansons !
Frederick "Toots" Hibbert est né en décembre 1948 à Maypen, Clarendon en Jamaïque. Le plus jeune de sept enfants, il commence à chanter dans un choeur d'Eglise à l'âge de sept ans. Dès ses 17 ans, il va vivre à Kingston et monte The Maytals avec Nathaniel "Gerry" Mccarthy-Matthias (qui avait enregistré des titres pour Duke Reid dans les années 50) et Henry "Raleigh" Gordon. Le trio passera une audition chez Coxsone. Lee Perry (qui était chargé des auditions pour Coxsone à l'époque) racontera plus tard qu'il força Coxsone à signer The Maytals.
Le groupe entra en studio et enregistra son tout premier single "Six And Seven Books Of Moses" pour le label Rolando & Powie de Coxsone (1962). Les années de Toots passées à chanter dans les églises influenceront nettement le style des Maytals à cette époque. On dit que leurs premiers concerts ressemblaient à des cérémonies religieuses de style baptiste.
The Maytals enregistreront de nombreux titres pour Coxsone dont "Hallelujah", "Matthew Mark", "Hurry Up", "Hello Honey", etc.... "Hallelujah" sera le premier single des Maytals à sortir en Grande Bretagne.

Malgré le succès des Maytals, Coxsone rechignait à les payer. Le groupe, furieux, enregistrera "Dog War" (qui est connu aussi sous les noms de "Broadway Jungle" et "Jamaica Ska" (rien à voir avec le titre de Byron Lee) qui dénonçait les attitudes de producteur-exploiteur de Coxsone Dodd. Les paroles disaient ceci : "Nous étions pris dans la jungle, tenus par les mains d'un homme, nous sommes hors de la jungle, nous allons à Broadway, quand nous sortiront de la jungle, nous bondirons et hurlerons, viens la fille, viens mon gars, dansez ensemble, tout ira très bien pour nous". "Broadway Jungle" est un titre Ska fiévreux et dansant, avec une rythmique répétitive à l'image des titres Gospel rapides américains des fins de messe qui faisaient trembler les fidèles de la tête aux pieds, yeux fermés, mains levées, afin de ressentir les vibrations du seigneur.
En 1964, The Maytals quittent l'écurie Coxsone pour travailler avec Prince Buster. Le groupe produit par Buster alignera une série de classiques comme "Pain In My Belly", "Domino", "Little Flea", "Beat You Lied", "Dog War". 4 titres des productions Buster seront éditées en Grande Bretagne par Island. Surprenant quand on sait que Prince Buster avait un contrat exclusif avec Melodisc (Blue Beat). The Maytals n'étant pas satisfaits chez Prince Buster (même problèmes qu'avec Coxsone pour être payés) iront travaillé un peu avec Leslie Kong avant de rejoindre Byron Lee.
La "période" Prince Buster des Maytals est assez confuse sur de nombreux points, puisqu'on retrouve plusieurs productions de Prince Buster ( dont The Maytals), sur Studio One (label de Coxsone Dodd !). De plus, en 1965, The Maytals enregistreront "John & James" pour Duke Reid.
A cette époque le groupe avait une popularité immense en Jamaïque et une très bonne notoriété en grande Bretagne (sous trois noms différents : The Maytals, The Flames ou The Vikings, voir interview à ce sujet) où la majorité de leurs disques sortaient sur Island, Blue Beat, Black Swan, Doctor Bird ou Ska Beat.
Avec en backing band Byron Lee & The Dragonnaires, The Maytals remporteront le "Jamaica's Prestige Song Competition 1966" (grand prix annuel de la meilleure chanson jamaïcaine) avec l'excellent "Bam Bam" (qui sera réenregistré pour la B.O. du film "Countryman" en 1982.) et enregistreront de grands standards comme "It's You", "Never You Change", "My New Name", ou "Daddy". Toutes les productions de Byron Lee pour le label Island (plus quelques inédits) sortiront sur l'album "The Sensational Maytals" édité en Grande Bretagne sur le label Doctor Bird. "The Sensational Maytals" a été édité (quelques mois avant sa parution anglaise) en Jamaïque sur le label de Byron Lee "BMN". Les morceaux de la période Byron Lee sont excellents, les voix sont toujours très proches du style Gospel, le rythme Ska est sautillant à souhait notamment sur "It's You" et "Never You Change", mais certains autres titres joués souvent sur scène commencent à prendre une autre tournure, plus lente, plus dans la veine Rocksteady ("Treat Me Bad").
Hélas, l'association entre Byron Lee et The Maytals tourna court quand Toots fut jeté en prison fin 1966 pour une détention de ganja (voir interview !). Gordon et McCarthy essaieront de maintenir le groupe à flot sans son leader. McCarthy fera équipe avec le chanteur / producteur Ewan McDermot en enregistrant quelques Rocksteady sous le nom de Ewan & Jerry.
Avant d'être emprisonné, The Maytals enregistreront (1966) plusieurs titres pour la station de radio jamaïcaine RJR. Un des titres de ces sessions, "Drink Wine" fut produit par Lynford Anderson et est paru sur le label Dezonie.
Toots Hibbert sortira de prison fin 1967 et The Maytals reprirent leur carrière sous la direction de Leslie Kong, propriétaire du label Beverley's. Le single "come-back" du groupe fut "54-46, That's Was My Number", certainement le meilleur Rocksteady de tous les temps, qui annonçait la période transitoire entre le Rocksteady et le Reggae. Dans ce titre autobiographique, Toots qui raconte son expérience en taule. Le disque fait un carton et devient vite un hymne pour toute une génération. La collaboration entre The Maytals et Leslie Kong est fructueuse et de qualité excellente. Les musiciens accompagnants le trio vocal dans les sessions de Leslie Kong sont bien évidement les Beverley's All Stars, dont plusieurs membres jouent encore aujourd'hui avec Toots.
Tout au long des années 68 et 69, The Maytals ne sortiront que des standards "Do The Reggay" -premier morceau de l'histoire à utiliser le mot Reggae, même si l'orthographe est différente- "Pressure Drop" (qui figurera quelques années plus tard dans la bande originale du film "The Harder They Come" avec Jimmy Cliff, premier album Reggae de l'histoire à avoir une audience internationale), "African Doctor", "Reborn", et le superbe "Monkey Man" (Top 40 des ventes de singles anglais en mai 1970) influencé par le "Mama Look" des Pioneers). Peu de groupes jamaïcains de l'époque, mis à part The Ethiopians, et The Pioneers pouvaient rivaliser avec le succès des Maytals..

En 1968, The Maytals arrivent deuxième du "Jamaica's Prestige Song Competition " avec "Bim Today" derrière le "Intensified" de Desmond Dekker (autre artiste à faire partie de l'écurie de Kong). En 1969, The Maytals remportent une deuxième fois le grand prix de la chanson jamaïcaine avec "Sweet & Dandy"
Le 9 août 1971, Leslie Kong meurt soudainement d'une crise cardiaque à l'age de 38 ans, et The Maytals retournent travailler avec Byron Lee. Sous la direction de Warrick Lyn et Chris Blackwell, ils gagnent de nouveau le Jamaica's Prestige Song Competition en 1972 avec le fameux "Funky Kingston".
Un an plus tard le groupe enregistre son premier vrai album (les précédents étaient des compilations de singles) pour Dynamic / Trojan : "Funky Kingston" . C'est avec ce disque que les Maytals se font véritablement connaître au grand public du monde entier. l'album suivant, "In The Dark" (1974) confirme la solide réputation du groupe avec "Time Tough" et "Take Me Home Country Road". C'est à cette période que le groupe deviendra Toots & The Maytals. En 1975, après un troisième album "Slatyam Stoot", Island (qui distribuait déjà leurs albums via Trojan) signa un contrat pour le monde entier avec la formation. L'album "Reggae Got Soul" verra le jour et entrera dans les hits des ventes de 33 tours en Grande Bretagne. "Reggae Got Soul" , très bien accueilli par la presse et le public confirme Toots & The Maytals en tant que fer de lance de la musique jamaïcaine au même titre que Bob Marley & The Wailers. La formation ira jouer aux Etats Unis, et dans toute l'Europe.
Depuis le titre "Funky Kingston", la presse, impressionnée, surnommera Toots "d'Otis Redding Jamaïcain" (alors que dans les années 60, la presse jamaïcaine surnommait Otis Redding, le Toots américain ! Notons au passage que Toots et Otis se respectaient et s'aimaient beaucoup, ils se sont rencontrés en 1964. Toots a fait de très belles notes de pochettes dans le coffret "The Definitive Otis Redding" (Stax / Atlantic / Rhino Records)
Il est vrai que le chanteur jamaïcain puise beaucoup plus que ses confrères dans le musique noire américaine. La musique de Toots est un véritable mixe entre le Reggae et la Soul, et sa voix se rapproche beaucoup de celle d'Otis. Grâce à ce mélange des genres, Toots arrive à imposer son style aux Etats Unis, lieu ou le roi Marley avait du mal à se faire une place. Sur le titre "Funky Kingston", la partie clavier s'inspire beaucoup du style Gospel, tandis que la guitare sonne très funky early seventies et que la voix est tout à fait dans la lignée d'un Otis Redding ou d'un Wilson Pickett. Ce morceaux est un véritable contre-pied au styles de Reggae joués à cette époque, entre la fin de l'Early Reggae, les débuts du Reggae Roots ou sirupeux (avec violons à gogo). Le reste de l'album "Funky Kingston" est aussi grand avec par exemple une reprise du fameux "Louie Louie" des Kingsmen. Véritable phénomène aux U.S.A, "Louie Louie" sera repris des centaines de fois dans tous les styles possibles et imaginables et fera l'objet de concerts de 3 ou 4 heures (les groupes sur scènes jouèrent uniquement ce morceau jusqu'à épuisement du public !). Des dizaines de compilations avec les reprises de "Louie Louie" sortent depuis une vingtaines d'années un peu partout dans le monde !
"In The Dark" est un album, lui aussi incontournable, offrant le génial "Time Tough" et le standard Country "Take me Home Country Home" (chanté à la même époque en France par.... Dick Rivers... ("Faire un pont, pour de bon, lui donner ton prénom..." salut à Didier l'embrouille et à son père Fernand !).

Que dire de "Reggae Got Soul" ? mis à part que tout est dit dans le titre ! C' est un album puissant, réunissant de somptueux titres et de très grands musiciens comme Rico Rodriguez, Tommy McCook ou Steve Winwood.
Les albums suivants, "Pass The Pipe" (1979) et "Just Like That" (1980) seront aussi percutants et excellents. La notoriété de Toots était au plus haut et Toots profitera du raz de marée Two Tone avec son titre "Monkey Man" repris avec grand succès par The Specials.
Le 29 septembre 1980, donne un concert à L'Hammersmith Palais de Londres (dans le cadre de sa tournée anglaise qui incluait The Bodysnatchers en première partie) La bande est mixée et le disque est gravé dans la nuit. Le lendemain matin, 5000 exemplaires de l'album avaient été distribuées chez tous les disquaires anglais . Ce disque-monument (réédité depuis en vinyle et C.D.) mêle Reggae, Ska, Funk et R 'N' B, et propose des versions renouvelées et rapides de "Funky Kingston", "Hallelujah", "Pressure Drop", "54-46", 'Monkey Man", "Time Tough", "Sweet & Dandy" plus le merveilleux Reggae "Get Up Stand Up" (rien à voir le titre des Wailers). L'Otis Redding jamaïcain est entouré de ses musiciens habituels à savoir Winston Wright et Harold Butler (claviers), Jackie Jackson (basse), Paul Douglas (batterie), Hux Brown et Carl Harvey (guitare) plus ses deux compères Raleigh Gordon et Jerry Mathias. Ce disque est l'album live à être le plus rapidement édité de toute l'histoire de la musique (Livre des Records), de plus c'est l'une des meilleurs galette en concert selon les plus grands spécialistes de la musique avec le James Brown live At The Apollo, Otis Redding In Europe et Bob Marley Live At The Lyceum. Un an plus tard, Toots sort son dernier album avec ses deux potes Gordon et Matthias, "Knock Out", l'un des seuls grands enregistrements de Reggae progressif du début de la décennie, où la formation revient à un style plus cool et calme à l'image des superbes "Careless Ethiopians" et "Missing You".
Le 4 Août 1982, Toots fera un concert au Reggae Sunsplash en Jamaïque en hommage à Bob Marley où il y chantera le très Soul "(Marley's Gone...) His Songs Live On", et plusieurs de ses standards en entier ou en Medley ("Pressure Drop", "It's You", "Bam Bam", "Never Get Weary Yet" etc... Vous pouvez vous procurez ce concert en entier sur deux C.D. live aux tracks list différentes ("Live Reggae Sunsplash" (1994, Synergy / Night & Day, 1994) et "An Hour Live" (1990, Synergy / Night & Day).
Toots est une véritable bête de scène, à l'image de ses idoles, Otis Redding et Wilson Pickett. Il arpente la scène en chantant, dansant, faisant sa prière et prenant le public pour témoin. Proche, très proche du public, il lui tend le micro afin de lui faire reprendre en choeur les refrains de ses titres ou ses onomatopées, un peu à l'image du créateur du genre, le regretté Cab Calloway, qui faisait reprendre au public ses "ahéhahéhahéha" et ses "tibidou tibidou" de son plus célèbre morceau "Minnie The Moocher". Toots pousse même son amour pour ses fans en les faisant monter sur scène à la fin du concert afin de les faire danser. Le titre presque terminé, il serre la main à tout monde, embrasse les filles avant de les aider à redescendre dans la salle... Le seul reproche que l'on pourra lui faire est de faire durer lors de certains concerts le titre final (qui est le plus souvent une composition créée uniquement pour la soirée ou la tournée) trop longtemps (parfois 15 minutes), lassant même les plus fervents fans.
En 1983, Toots se concentre sur sa carrière solo et va enregistrer au Compass Point studios de Nassau avec Sly Dunbar et Robbie Shakespeare "Spiritual Healing", un Soul-Reggae dans la plus pure veine Marvin Gaye qui sera un tube dans le monde entier et numéro 1 des hits en Afrique Du Sud. Le single suivant "Peace Perfect Peace", sera lui aussi un gros succès sur toute la planète.
En 1984, le groupe anglais Aswad reprend "54-46" sur son album "Rebel Soul". Le single montera à la 70ème place des ventes de disques en Grande Bretagne. La version du standard de Toots par Aswad comprend les riffs de cuivres de "Feel Like Jumping" de Marcia Griffiths (joués aussi par Rico Rodriguez dans son titre "Jumpin' The Gun"). A partir de cette période et jusqu'à nos jours, Le riddim de "54-46" sera utilisé des centaines de fois par des groupes Rap, Acid-Jazz, Hip Hop ou Ragga. Signalons aussi qu'au milieu des années 80, Nuclear Device, groupe du Mans, fera deux adaptations de ce morceau sur leur deuxième album "Western Electric" (Bondage).
En 1988, Toots réalise son rêve de toujours, enregistrer à Memphis, ville du fameux label Rhythm & Blues des années 60 et 70, Stax, qui avait signé des artistes comme Otis Redding ou Sam & Dave,. Toots fouilla dans le répertoire d'Otis Redding, Al Green et James Carr, s'entoura de musiciens jamaïcains et américains et enregistra son "Toots In Memphis" en 10 jours. Le résultat est excellent, écoutez par exemple "Hard To Handle", "Knock On Wood" ou "I've Got Dreams To Remember"...
Durant les années 90, Toots fera plusieurs tournées, il reviendra en France en 1995 (concert au Plan de Ris Orangis diffusé sur Canal Jimmy) et Island profitera de ce retour pour sortir en 1996 "Time Tough : The Anthology", un double C.D. réunissant 41 titres, tous les standards des débuts à 1988 plus des inédits comme "Desmond Dekker Came First", "B For Butter" ou "You Know" et un livret superbe de 24 pages. Un must.
En 1998, Toots est à nouveau en tournée, il a enregistré une version de "54-46" avec Buju Banton, vient de monter son propre label "Allah Son" et s'apprête à sortir plusieurs album (voir interview).
Toots est, selon moi, le chanteur jamaïcain le plus complet. Il est passé par toutes les phases de la musique jamaïcaine sans jamais renier les styles ou les titres enregistrés dans le passé. Je veux dire par là qu'à la différence d'un Bob Marley, d'un Peter Tosh ou d'un Jimmy Cliff, Toots a toujours laissé de la place dans ses concerts à toutes les périodes de sa carrière en jouant aussi bien du Ska que de l'Early Reggae, de la Soul ou du Reggae Roots. Toots chantait encore le fameux Ska "Hallelujah" en 1980 sur scène alors la majorité des autres artistes à avoir fait du Ska dans les sixties ne faisaient plus que du Reggae Roots en ignorant les styles de leurs premières années. A presque 50 ans, Toots n'a pas fini de nous étonner et de nous enchanter, tant mieux !
Respect and irie mister Toots.
Jean-Pierre Boutellier
P.S. : Bien évidement cette anthologie est un survol de la carrière des Maytals et de Toots & The Maytals. Il faudrait un livre entier pour être vraiment très précis. Nous avons développé ici que les principaux producteurs et les titres majeurs. A titre indicatif, les Maytals ont travaillé aussi pour Randy Chinn (exemple : "He's The Greatest", dédié à Muhammed Ali, longtemps considéré comme une production Kong), Sonia Pottinger (exemple : "Let's Jump / Joy & Jean" paru en GB chez Ska Beat), Theo Beckford (exemple : "Old Flame", titre solo de Toots). Notons aussi le single "Jeserene / King Of Ska" de Desmond Dekker & His Cherry Pies. Sur le titre "King Of Ska", Toots fait les choeurs ! il y a des milliers d'exemples comme celui là !
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