ASSOIFFES
Interview du 26/11/1999

Véritables stars dans le Val d'Oise depuis le début des années 90, les dix fêtards d'Assoiffés viennent de sortir un album explosif, "Appellation Incontrôlée" (Autoprod / Tripsichord), tinté de Punk et de Ska. Une galette revigorante qui ne devrait pas vous laisser de glace ! Le groupe assurait la première partie de Dr Ring Ding & The Senior Allstars le 26 novembre 99 à Sannois, l'occasion pour nous de les rencontrer.

Skanews : "Il paraît que votre groupe s'appelait au départ "Les Abcès" ?"

Assoiffés : "Non, la première année, on jouait sans nom, juste pour le plaisir de jouer et quand il a fallu trouver un nom pour faire un concert, ça a été Assoiffés tout de suite. A l'époque c'était ambiance boeuf dans une cave avec du Rhythm & Blues. On faisait quelques reprises à droite à gauche, mais la première composition du groupe était un Ska."

Assoiffés : "Nous sommes dix personnes et nous avons tous nos propres influences musicales. Notre point commun est que nous sommes tous de la région d'Ermont (95), mais sinon, dans le groupe il y a des gens qui aiment le keupon, d'autres préfèrent le Rhythm & Blues. En fait le mélange de toutes nos influences donne la musique des Assoiffés."

Skanews : "J'entends beaucoup parler des Assoiffés depuis 7 ou 8 ans maintenant. Pourquoi avoir attendu autant de temps avant de sortir un disque ?"

Assoiffés : "On a fait un 4 titres il y a un peu plus d'un an et puis cette année, nous avons enregistré notre premier album. Au départ, on ne pensait même pas se faire un petit nom dans le Rock, on faisait vraiment ça pour se marrer. Nous n'avons pas réalisé d'album auparavant car nous n'avions pas d'argent et que nous avons toujours fait la fête et donc, nous n'avions jamais travaillé assez sérieusement pour faire un disque. Et puis un jour, nous avons décidé de faire un C.D. et nous avons bossé sérieusement. Avant, ce qui nous plaisait, c'était de faire des concerts, le support C.D., ça nous manquait pas. Et puis nous nous sommes aperçus que nous faisions toujours les mêmes petites salles et que pour monter au dessus, il fallait faire un album, donc on l'a fait et ça nous a plu."

Skanews : "Vous avez enregistré votre album au studio de l'Abbaye dans le Val d'Oise"

Assoiffés : "On a fait par rapport à ce que l'on avait comme argent. Donc, nous pouvions réserver le studio complet pendant un mois. On a été enregistrer tous les jours. On a fait le mixage en catastrophe. On a terminé le mastering quelques heures avant la date fixée pour la donner au presseur !"

Skanews : "Votre réaction après avoir entendu le produit final"

Assoiffés : "On trouve qu'il est pas mal fait par rapport aux moyens que nous avions. Maintenant il est certain que si nous avions eu plus de moyens, nous aurions eu le temps de plus le peaufiner."

Skanews : "Ca a été facile de trouver un distributeur ?"

Assoiffés : "Non, ce qui c'est passé, c'est que l'on a des amis qui travaillent chez Tripsichord, donc, dès que l'on a édité le 4 titres, on a été placés. Les patrons de Tripsichord l'on fait parce que les employés leur demandaient de le faire, ça c'était pour le 4 titres, et comme il c'est bien vendu, pour l'album ça a été oui sans problèmes, avec du beau travail de fait au niveau de la mise en place en France."

Skanews : "Quand j'ai écouté pour la première fois votre disque, il y a quelques morceaux qui m'ont fait penser à un groupe qui tournait il y a un peu plus de 10 ans dans la région parisienne, Saxawhaman. C'est un groupe que vous connaissiez à l'époque ?"

Assoiffés : "Non, je ne les connais pas. Non, je sais pas."

Skanews : "Quelques mots sur les textes du groupe ?"

Assoiffés : "Les inspirations viennent suivant le moment. Chaque texte fait référence ou à quelqu'un ou à quelque chose de notre vécu, c'est tout simplement la retranscription de notre vie. Un coup tu es content et tu écris une chanson festive, et puis un coup tu as un coup de gueule contre quelqu'un et tu es un peu plus hargneux. Par exemple une des dernières chansons que nous venons de faire, c'est "Le Petit Responsable" et ça parle d'un des cons qu'il y a avait à mon boulot. C'est suivant le moment, y'a un truc qui me trotte et voilà ! Si je suis de bonne humeur, on se marre, et si je suis de moins bonne humeur, ben on pogote." (rires)

Skanews : "Vous faites des reprises ?"

Assoiffés : "Non, parce que nous n'avons jamais été tous d'accord sur les reprises à faire. A nos débuts on faisait des reprises, c'était juste histoire d'apprendre à se connaître au niveau de la musique. On était dans une cave, il y avait les toxicos et les ivrognes d'Ermont qui venaient toute la nuit pour nous voir jouer. On ressemblait plutôt à un juke box qui jouait ce qu'ils avaient envie d'entendre qu'un groupe qui composait ses morceaux. Lors des premiers concerts, on avait 4 compositions, c'est tout. On avait même des morceaux de Blues, on jouait souvent devant des keupon, je me souvient en première partie de Raymonde et les Blancs-Becs, on balançait du Blues, du vrai Blues, pas à la Satellites, du Blues, Blues, et ben, il y avait des bonnes réactions dans la salle."

Skanews : "Ce soir, vous faîtes la première partie de Dr. Ring Ding à Sannois, quels est votre état d'esprit ? Fiers de jouer devant ce fabuleux groupe ?"

Assoiffés : "On connaît pas trop, on est pas trop stressés, on est chez nous, donc on pense que ça va bien se passer. Il va y avoir les copains, on va bien s'amuser."

Assoiffés : "On est une bonne équipe bien entraînée, on a prévu trois remplaçants..."

Assoiffés : Ca fait plaisir de jouer avec un groupe qui a quand même une notoriété, maintenant c'est vrai qu'il y a pas longtemps que l'on connaît Dr Ring Ding, c'est surtout depuis qu'on nous a dit que nous allions jouer avec eux, que l'on a écouté ce groupe. En fait à la base, on se retrouve à faire du Ska, mais nous ne sommes pas groupe de Ska. On ne va pas dans les Sound System, nous n'avons pas une super culture au niveau du Reggae et du Ska. On fait la musique qui nous éclate, ça tombe là dessus, maintenant, Dr Ring Ding c'est un truc qui a sa notoriété, mais c'est quand même un truc de connaisseurs. C'est du old school quoi !"

Assoiffés : "Et puis il y a des gens qui ont le trac et d'autres pas. Quand tu fais un concert avec Ludwig Von 88 devant 1000 personnes tu as de quoi être inquiet. Moi je n'ai pas le trac, d'autres dans le groupe sont tout blanc avant un concert (rires). On est 10 à raconter des conneries avant le concert, donc le trac tu l'oublies vite. (rires)

Skanews : "Comment définissez vous les Assoiffés au niveau musical ?"

Assoiffés : "Ska-Punk, ça correspond. On fait de la musique Ska avec des speeds dedans. Maintenant si tu vois Ska-Punk au niveau des ventes d'albums, si tu as un autocollant Ska Punk sur un disque, ça arrête beaucoup de gens, Ils voient Punk, ils savent pas si ça va être du Raymonde ou du Crass, c'est trop vague comme appellation. Nous on marque partout Ska alternatif. Nous, on vient de l'alternatif, et on fait du Ska, donc Ska alternatif. Et puis, il y a des gens qui crachent à la gueule du mot alternatif parce qu'ils disent que c'est mort... Il y a quelques années quand on jouait il y avait aussi Beurks Band, la Mano etc.. c'était des groupes qui nous faisaient du bien quand on allait les voir en concert. Nous venons de là et il n'y a pas de raison ! Aujourd'hui c'est toujours la même musique, quand tu prends Marcel Et Son Orchestre ou La Ruda c'est toujours dans le trip alternatif. Mais aujourd'hui il ne faut plus appeler ça comme ça parce que c'est mort. Non, nous on appelle ça comme ça, Ska Alternatif !"

Skanews : "Si le mot alternatif est tabou aujourd'hui, c'est peut être aussi parce que la plupart des labels alternatifs se sont fait bouffer ou se sont vendues aux majors !"

Assoiffés : "C'est vrai qu'à l'époque il y avait des labels qui se sont montés et que grâce à la notoriété qu'a pris cette musique, ils sont devenus assez gros. Que des requins ont peut-être pris plus ou moins les commandes de ces boites là. Tu vois, par exemple, Bondage, c'est le label de référence de l'époque, aujourd'hui, même si c'est plus le Bondage d'avant, c'est quand même une référence. Nous à Paris on s'en rend peut être moins compte, parce que l'on trouve tout dans les magasins, mais je vois mes potes qui habitent en province, quand ils reçoivent leur catalogue, c'est le seul moyen qu'ils ont d'avoir une distribution de Punk dans leur petite ville.. Y'a aussi Crash Disques, qui pour moi a gardé le même esprit qu'à l'époque. Je pense qui si Marsu le voulait, il pourrait en faire quelque chose de son label. Je crois que si ça reste comme ça, c'est un choix de sa part de vouloir rester petit et de faire le travail comme lui il l'entend."

Skanews : "Vos projets pour 2000"

Assoiffés : "Ce que l'on veut, c'est trouver un maximum de dates, surtout en province. L'album nous aide à trouver des dates. Il y a même de bonnes critiques dans plusieurs canards, même dans certains où l'on ne s'attendait même pas à être chroniqué. Ca prouve que notre musique plaît à certains journalistes, même si souvent ils disent qu'il y a rien de neuf sous le soleil mais qu'on se marre bien avec les Assoiffés (rires). Les projets , c'est de trouver des dates jusqu'aux grandes vacances et un peu après. Et si les dates tournent bien et que le disque se vend, il y aura un deuxième album."

Skanews : "Un dernier mot...?"

Assoiffés : "On s'appelle Assoiffés et non pas les Assoiffés. Assoiffés c'est un cri, car quand tous ces groupes sont morts il y a 10 ans, ils nous ont laissé sur notre soif. Voilà. Merci a tous ceux qui lisent les interviews des assoiffés et qui s'intéressent à notre groupe, si nous sommes là aujourd'hui, c'est grâce à vous."

Contacts : 06.84.52.54.40 ou 01.34.32.16.31.

Interview réalisée par Jean-Pierre Boutellier / Skanews

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