L-BATT
Interview d'avril 2000

L-Batt est né en 1965 à Gaélilié dans la sous-préfecture de Lakota en Côte D'Ivoire. Son enfance
s'est déroulée à Bouaké, capitale du centre de la Côte d'Ivoire.
Dès 1984, L-Batt a formé des groupes ou fait partie de formations musicales et il participa à
plusieurs concours musicaux. En 1988, L-Batt rejoint Abidjan pour la préparation de ses premières
maquettes. Elles seront enregistrées en 1989 avec Georges Kouakou, passé maître dans l'art de
n'enregistrer que des succès, comme arrangeur. En 1990, L-Batt enregistre son premier album "
Dollar The King " sous la direction de Koné Dodo, manager d'Alpha Blondy. Grâce à ce disque, qui
rencontrera un grand succès en Côte d'Ivoire et dans de nombreux pays d'Afrique, L-Batt fera les
premières parties d'Alpha Blondy en Côte d'Ivoire entre 1991 et 1993, participera à de nombreux
festivals : Mémorial RFK, Concert Mémorial Bob Marley et de nombreuses émissions de télévision :
" Jamboree ", " Tempo " etc…
En 1994, L-Batt forme le groupe Amikisun et créé le Siggli Reggae.

Le Siggli Reggae est un Reggae sucré, subtil mélange d'influences Roots jamaïcaines, de sonorités et d'instruments traditionnels africains. L-Batt, qui habite désormais en France depuis peu, vient de réaliser un nouveau C.D. démo 3 titres avec son groupe Amikisun. Le groupe tourne beaucoup dans le Sud de la France mais souhaite faire découvrir le Siggli Reggae partout… Organisateurs de concerts, n'hésitez pas à le contacter. Après avoir réalisé un C.D. démo 3 titres (dont vous pouvez écouter les extraits sur ce site), L-Batt était récemment en studio afin de terminer l'enregistrement et le mixage d'un nouveau disque à sortir à la rentrée 2000.

L-Batt : " Je viens de la Côte d'Ivoire en Afrique et j'habite à Carcassonne dans le Sud de la France depuis deux ans. Je tourne avec un groupe qui s'appelle Amikisun. Amikisun veut dire " les amis du soleil ". Le groupe, c'est L-Batt et Amikisun. "
Skanews : " Grosses influences Reggae… "
L-Batt : " Oui, bien sur, nous sommes rastas. On fait un reggae qui est le notre, c'est le Siggli Reggae. On essaye d'ajouter notre touche personnelle au Reggae qui existe déjà. " C'est le message rasta qui est dit : " père, amour, non-violence… ", seulement le Siggli Reggae essaye d'apporter cette saveur nouvelle puisqu'il s'inspire des rythmes traditionnels et des instruments traditionnels Africain, surtout de l'Ouest de la Côte d'Ivoire d'où je viens. "
Skanews : " C'est ainsi que l'on pourrait définir le Siggli Reggae ? "
L-Batt : " Oui, le Siggli Reggae, c'est un reggae qui s'inspire des sons, des instruments traditionnel de l'ouest de la côte d'Ivoire et de l'Afrique en général, rythmes et danses comprises. "
Skanews : " Siggli Reggae veut dire quoi ? "
L-Batt : " Siggli Reggae veut dire Reggae Sucré en quelque sorte… "
Skanews : " Un Reggae qui amène les gens à beaucoup danser ? "
L-Batt : " Tout à fait ! En général quand on vient voir un concert de Siggli Reggae, on s'éclate un max, on oublie ses problèmes, on positive. "
Skanews : " Comment en es-tu arrivé à faire de la musique ? "
L-Batt : " Je pense que j'ai été influencé par les maîtres en la matière, Bob Marley, Peter Tosh etc… Il y a beaucoup de musique Reggae en Côté d'Ivoire et en Afrique en général. Je pense que ça a influencé mon choix. "
Skanews : " Le reggae a toujours été très populaire en Afrique ? "
L-Batt : " Oui, depuis toujours. J'écoutais du Reggae, Jimmy Cliff et les rastas jamaïcains. Ils disent qu'ils viennent d'Afrique et ils n'ont pas tort, c'est vrai. Quand tu écoutes plusieurs musiques africaines, tu te rends compte que le Reggae est à base de musique africaine. Se sont les skanks qui sont venu compléter cette musique africaine et qui a donné naissance au Reggae. Le Reggae est une musique qui vient du cœur. Je pense que le Reggae c'est la musique de Jah. Les chants de David qui est le maître des musiciens, sa musique, ses cantiques au seigneur, c'était du Reggae. Le Reggae est la musique de l'éternel. "
Skanews : " tu en es arrivé à jouer de la musique très, très vite ? "
L-Batt : " Pas vraiment, je ne suis pas vraiment instrumentiste. Je joue un peu de guitare, mais je ne peux pas dire que je suis instrumentiste. Je suis chanteur avant tout. Je pense que je n'ai pas choisi le Reggae. Le Reggae m'a choisi. C'est quelque chose qui est au fond de moi. Je suis heureux quand je chante du Reggae sur scène. C'est par amour, c'est par passion. Ce n'est pas du business pour se faire du fric. Celui qui veut faire du fric ne fait pas Reggae, il y a tellement de galères… "
Skanews : " tu as sorti un premier disque en 1990 en Côte d'Ivoire… "
L-Batt : " L'album à été produit par Koné Dodo qui est l'actuel manager d'Alpha Blondy. En 1990, j'ai été présenté par un ami à Koné Dodo. Il a été intéressé parce que je faisais et m'a demandé de lui apporter une maquette. Le chef d'orchestre du groupe d'Alpha Blondy, Solar System habitait dans le même quartier que moi. C'est devenu un ami. Je répétais avec mon groupe et il venait nous voir de temps en temps. Parfois il intervenait, il disait non, ce n'est pas cette note qu'il faut jouer etc. Indirectement, il nous aidait. Quand j'ai eu les moyens de réaliser une maquette 4 titres, je l'ai fait écouter à Koné Dodo. Il a été très intéressé et j'ai eu la chance de travailler en studio avec le Solar System, ce qui m'a permis de faire les premières parties d'Alpha Blondy de 1990 à 1993. Ca a été très enrichissant pour moi et j'ai pu faire la connaissance de ce grand chanteur. "
Skanews : " Cet album, au niveau musical, c'était du Siggli Reggae ? "
L-Batt : Non, c'était du Reggae Jam, du Calypso. Je voulais faire un album international. Je voulais venir en Europe. L'album s'appelle " Dollar The King ".
Skanews : " Les titres de l'album sont chantés en Anglais ? "
L-Batt : " Oui, principalement en Anglais, mais le titre qui a le plus intéressé le public était chanté en français. Aujourd'hui, quand on joue dans le Sud de la France, on fait ce titre avec le groupe et les gens se mettent tous à chanter en cœur. Ca me donne l'espoir de réenregistrer ce morceau dans de bonnes conditions ici, en Europe. "
Skanews : " Dollar The King " est un titre fort pour un album d'un artiste africain… "
L-Batt : " Est ce que l'argent est le mettre du monde ? Est ce que le dollar est le roi ? Je disais, nus nous sommes nées, nus nous allons retourner ! Il faut de l'argent pour réaliser certaines choses, mais l'amour est plus important que l'argent. Un billet de 500 Francs ne se lèvera jamais pour te donner de l'eau si tu as soif. Par contre un homme peut le faire. C'est l'homme qui donne le pouvoir à l'argent, donc il ne faudrait pas que l'on devienne des adorateurs - esclaves de ce que l'on a créé. " Je disais ça il y a dix ans, et aujourd'hui, je pense la même chose. Le problème existe toujours aujourd'hui. Il y a toujours des gens pour qui l'argent compte plus que tout. Par contre, la musique que l'on fait avec Amikisun est différente de celle que je faisais à cette époque là. Sur mon premier album, je n'ai pas utilisé d'instruments traditionnels de l'Afrique. J'avais plutôt essayé de faire un truc international qui selon moi aurait fait danser et bouger. Avec du recul, je me suis dit que je gagnerais à faire ce que je sais vraiment faire, c'est à dire quelque chose de plus Roots, de plus original. Il ne faut pas faire comme ce qui existe déjà. Bob Marley et Peter Tosh ont fait ce qu'ils pouvaient. Ils nous ont donné un bel héritage. C'est à nous de continuer ce travail en apportant des touches personnelles et originales. J'essaye d'apporter ma griffe au Reggae qui existe déjà.
Skanews : " Est-ce que ce premier disque, il y a 10 ans, t'a ouvert des portes ? Est-ce qu'il a été édité en France ?
L-Batt : Non, il est sorti en Côte d'Ivoire, au Ghana… mais ce n'était pas une grosse production. Ca m'a permis de faire des premières parties d'Alpha Blondy et avoir de l'expérience. Ca m'a donné une carte de visite là bas et l'occasion me faire connaître. "
Skanews : "Qu'as tu fait ensuite ?
L-Batt : " De 1990 à 1993, il y a eu la promotion de l'album Dollar The King. Puis, le producteur-manager n'a plus eu le temps de s'occuper de ma carrière. Avec cet album, j'ai connu une promotion, une ascension et après il y a eu un passage à vide. Les autres producteurs ne pouvaient pas me produire car j'étais toujours sous contrat. J'ai attendu que le contrat se termine, mais il me fallait repartir à zéro. J'ai monté un groupe et on a commencé à faire les petits bars toujours en Afrique. Il y a une firme de cigarettes que je ne veux pas nommer qui a commencé à faire la promotion des jeunes groupes et ils ont organisé un concours. Nous avons été 3ème finalistes et avons gagné une prime de 1000 Dollars. Ensuite, la firme nous a permis de faire une tournée. Nous avons fait plusieurs villes dans la Côte d'ivoire. Grâce à tout ça, ma carrière était relancée. La presse a de nouveau parlé de moi, tout comme la radio. J'ai aussi fait quelques émissions de télévision avant de venir ici. "
Skanews : " C'est à partir de ce moment là qu'est né le Siggli Reggae ?
L-Batt : " Oui"
Skanews : " Pourquoi as-tu décidé de venir habiter en France alors que ça marchait de nouveau pour toi en Côte d'Ivoire ? "
L-Batt : " Ma femme est française. Elle enseignait en Côte d'Ivoire. Quand elle a dû renter en France, je suis bien évidemment venu avec elle. J'ai donc remonté le groupe. Ma femme m'a présenté Bernard Margarit, qui est un musicien Jazz qui accompagne beaucoup de groupes et qui a joué avec Johnny Halliday dans le temps. Il a de bonnes références. Il a apprécié ce que je fais et m'a proposé que l'on travaille ensemble. "

Skanews : " Parlez-moi de votre premier C.D. 3 titres paru en France… "
L-Batt : " Lors de nos concerts, les gens nous demandaient notre C.D. Hélas, nous n'avions pas d'enregistrement afin de satisfaire le public d'un côté et démarcher les producteurs de l'autre. Nous sommes donc venus faire ce disque à Paris. Ce disque est en fait une démo 3 titres afin de présenter ce qu'est le Siggli Reggae. Je chante en Français, en Dida, mon patois, et en Anglais. Dans " Ewaka ", je dis : J'aimerais qu'il y ait plus d'amour dans le coeur des gens. Cet amour, qui permet d'avoir la paix et qui bannie toutes formes de pression et de violence. Ce disque est une autoproduction. Nous avons un manager qui s'occupe de nous et qui démarche les labels et les distributeurs, mais pour le moment, pas de réponses… Nous voulons faire beaucoup plus de concerts, jouer live. Nous sommes heureux sur scène. Nous aimerions intéresser un tourneur et ensuite trouver un label ou un distributeur pour notre disque. "
Skanews : " Est-ce que tu pourrais me parler du Reggae en Côte d'Ivoire… "
L-Batt : " En Côte d'Ivoire la musique number one c'est le Reggae, même si beaucoup d'autres musiques sont populaires là-bas. Alpha Blondy a contribué à lancer cette musique en Côte d'Ivoire et dans une partie de l'Afrique. Aujourd'hui en Côte d'Ivoire, il y a beaucoup de jeunes groupes et de jeunes musiciens qui font du Reggae. Alpha est la star, mais beaucoup sont en train de monter comme Tiken Jah qui cartonne en ce moment. Quand tu écoutes la musique de chacun, sa musique, son Reggae respire la région d'où il vient. C'est cette touche que le Reggae made in Côte d'Ivoire apporte. Tu écoutes le Reggae d'un tel et tu sens automatiquement la région d'où il vient. En fait, il s'inspire de sa langue, du riddim, des rythmes qu'il a dans sa région et compose essentiellement dans sa langue. Et même si il compose en Français, dans son Français tu sens un peu la région d'où il vient. "
Skanews : " il y a combien d'ethnies différentes en Côte d'Ivoire ? "
El-Batt : " une soixantaine. Les ethnies sont groupées par région. Je préfère parler des régions. Tu sens automatiquement dans la musique d'une personne, la région d'où il vient. Les différents rythmes sont propres à certaines région. Tu peux écouter 10 rythmes qui viennent d'une même région.
Skanews : " Parle-moi du changement de gouvernement en Côte d'Ivoire et de l'influence des Rastas sur ce changement politique. "
L-Batt : " En général, le Rasta est pour que le peuple soit bien. Donc, les musiciens Rastas sont la bouche du peuple. Ils chantent ce que le peuple pense. En Coté d'Ivoire, les musiciens Rastas parlaient indirectement dans leurs chansons des problèmes qui existaient dans leur pays. Ils parlaient des problèmes du peuple. C'est vrai qu'en Côte d'Ivoire, à un certain moment le peuple souffrait. Ceux qui étaient au pouvoir marchaient sur le peuple. La population avait besoin de changement et les musiciens Rastas ont été leurs porte-parole. Le premier Président qui est resté près de 20 ans au pouvoir, avait formé une république, parce qu'il y a une soixantaine d'ethnies, des chefferies et des royautés. Avec la démocratie, on met tout ça sous la bannière de la république, donc il avait réussit. Son dauphin qui est arrivée, a commencé à parler d'Ivoirité, d'Ivoirien de souche etc... Des gens qui sont arrivés trois générations en arrière, tu ne peux leur dire qu'ils ne sont pas Ivoiriens aujourd'hui ! Donc les gens ont voulu changer ça. Nous avons vécu avec le premier président dans une harmonie, tu es ivoirien, tu es ivoirien, point. La personne qui dit, " tu es ivoirien depuis quand ? " il te fruste, il y a un problème ! Quand on regarde l'histoire du pays, de l'Afrique, il y a eu des migrations, il y a eu des mouvements. Depuis des générations, les gens sont venus s'installer là. Le peuple commençait à se sentir fragiliser. Il commençait à y avoir des problèmes entre les gens. Quand le Général qui est actuellement au pouvoir a fait le coup d'Etat, il l'a fait en douceur. Même le peuple a applaudit. Ca aurait été quelqu'un d'autre, le peuple aurait applaudit aussi, car il en avait marre. S'il n'y avait pas eu ce coup d'Etat, il y aurait eu la guerre civile. Le nouveau Président vient d'arriver, les gens observent, on voit ses actions, à preuve du contraire il travaille bien avec son équipe. Il y a une équipe qui a été monté, on doit leur donner du temps. Les autres ont semé l'anarchie. Je pense que dans un premier temps, le nouveau gouvernement doit faire revenir la cohésion, cet esprit de république qui existait et que les autres ont essayé de bafouer. Maintenant, si le nouveau gouvernement ne fait rien, ne travaille pas, les gens vont parler et " ils se feront virer " comme les autres. "
Skanews : " Le gouvernement ivoirien a été très dur avec ses joueurs de football éliminés au premier tour du Championnat d'Afrique des Nations, ils ont été enfermés quelque temps… "
L-Batt " les gens voient ça d'un mauvais œil en France. Nous discutions de cela avec ma femme. Il ne faut pas voir le geste du Général. Je pense qu'au-delà du geste, le Général veut faire comprendre qu'il y a eu un changement de régime et qu'il faut que l'on soit dur avec nous-même pour aller de l'avant. Le pays a investi sur les footballeurs pour qu'ils participent à la Coupe. Une Coupe d'Afrique, pour nous ne ferait que redorer le blason de notre pays après tous les problèmes de l'an dernier. Ces footballeurs sont professionnels. Ils ont choisi ce boulot et ils jouent en Europe, dans des grands clubs de première division. Je crois que tu ne peux pas jouer dans ces clubs si tu n'es pas bon ! Ces gars là connaissent les compétitions. Le pays les a fait venir, a négocié auprès des clubs, à payer l'avion, l'hôtel, les primes… Le pays est en difficulté financièrement, mais il a tout fait pour qu'ils viennent. Ces gars, ils peuvent avoir l'amour du pays et jouer ! Ils ne se sont pas donnés… Il est possible de perdre un match quand tu as tout donné. Tu as perdu parce qu'il faut bien un vainqueur. Mais là, ils viennent et ne jouent pas au ballon ! Ils ne se sont pas donnés du tout. Le Général les a mis en garde. Ce n'est plus comme par le passé. Nous vous donnons des primes, mais vous devez jouer sur le terrain, mouiller le maillot. Cet évènement a été diffusé sur toutes les télévisions. C'est vrai que ça a fait aussi un grand coup de pub pour le nouveau gouvernement en même temps. "
Skanews : " Tu es optimiste pour l'avenir de ton pays ? "
L-Batt : " Oui bien sur. Je pense que la démocratie doit primer. Le comité qui est là, il faut qu'il organise des élections avec tous ceux qui sont susceptibles de se présenter. Il faut une vraie démocratie, et un président élu par le peuple. "
Skanews : " Les Rastas en Jamaïque prônent un retour en Afrique. Qu'en penses-tu et as-tu rencontré des Rastas jamaïcains quand tu étais en Côte d'Ivoire ? "
L-Batt : " C'est une bonne chose que les Rastas se reconnaissent dans l'Afrique. Mais l'Afrique à ses problèmes et le retour à la mère patrie, c'est une bonne chose mais il faut rester dans la réalité. Effectivement j'ai rencontré des frères rastas jamaïcains là bas en Côte d'Ivoire et aussi au Ghana. Ils sont accueillis, il n'y a pas de problèmes pour l'intégration. En matière d'hospitalité, l'africain a ça en lui, donc il n'y a pas de problèmes. Mais ce n'est pas forcément évident pour tout le monde, car en Afrique il y aussi beaucoup de problèmes. Il n'y a que la démocratie qui pourra sauver tout le monde. "
Skanews : " Un dernier mot ? "
L-Batt : " Notre nouveau disque doit sortir à la rentrée. Nous cherchons une maison de disques ou un distributeur. Nous voulons aussi beaucoup tourner et toutes les propositions seront étudiées. Nous voulons présenter notre Siggli Reggae à tout le monde. Faire passer le message Rastafari, la paix dans le monde… Vive la musique, Jah, Rastafari… !
Interview réalisée par JP Boutellier / Skanews, avril 2000.
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