Orange Street
Interview mars 1998

Depuis déjà quelques années le Val d'Oise est devenu une terre fertile en groupes ska et reggae. Vous connaissez tous KIIR Riddim, mais avez-vous déjà entendu parler d'Orange Street ? Ces derniers viennent d'enregistrer un Cd démo 6 titres excellent tinté de roots reggae, de rocksteady et de ska sixties style.

Ne voyez surtout pas de joutes valdoisiennes ou de concurrence entre KIIR Riddim et Orange Street, ce sont les meilleurs amis du monde, et par le passé, plusieurs membres de ces deux groupes ont joué ensemble dans divers combos.

Orange Street est uni pour perpétuer le mouvement reggae. Les premiers enregistrements prouvent la qualité de cette jeune formation qui a participé notamment en 1998 au festival Amplitudes 95, présentant les meilleures révélations 'rock' du Val d'Oise organisé par l'ADIAM 95.

Si Orange Street passe en concert près de chez vous, allez les voir ! Bonnes vibrations at the control !

Mike : Le groupe se compose de neuf personnes, une section basse/batterie, un guitare, un clavier, un chanteur, un percussionniste et donc la section cuivre qui comprend trombone, trompette et saxophone.

Skanews : Le groupe a été créé quand, comment vous êtes vous rencontrés ?

Mike : On faisait de la musique dans un autre groupe avec Stéphane (KIIR Riddim) à la batterie et il y a d'autres formations qui se sont crées par la suite, cela fait deux ans que l'on joue ensemble.

Skanews : Autour de quelles influences, cela a toujours été le reggae au départ ? Qu'est ce qui vous a réuni ?

Mike : Au départ c'est le reggae en général, on était un peu moins axés sur le rocksteady, le ska et puis en fait après ça a évolué, on a écouté des imports, des vieux morceaux en vynil, en fait on est un peu sur les trois, rocksteady, ska et reggae.

Skanews : Quelles sont vos principales influences ?

Mike : Moi personnellement Delroy Wilson, des vieux disques des années soixante, sinon de tout. Jazz, reggae, ska, c'est ce que je voulais comme formation.

Peyman : Je fais parti d'une autre formation, les Flying Pooh, c'est de la fusion. Par la suite j'ai connu lors d'un concert à Jouy le Moutier (95) Orange Street. A l'époque il y avait Thomas à la guitare et donc je les ai connu, j'ai vraiment kiffé ce qu'ils faisaient, donc j'ai eu de la chance de rentrer dans la formation puisque Thomas est parti.

Skanews : Une petite parenthèse, les Flying Pooh ont fait la première partie d'Edna Goldfish à L'EMB de Sannois (95) et ont édités un album il y a peu.

Peyman : Oui, notre album est plutôt fusion, mais il y a un morceau ska dessus. La première partie d'Edna Goldfish s'est bien passée. L'Espace Michel Berger était plein à craquer. La public a été déçu du concert d'Edna car beaucoup pensaient voiur du ska sixties alors que le groupe joue du ska rock.

Jp : Mes principales influences ? Toutes sortes de reggae, early, ska, rocksteady, dub, rub a dub. J'écoute aussi d'autres pour élargir mon champ de vision. Le ska, j'aime bien, il y a une bonne ambiance, ça bouge, c'est festif !

Patrick : Moi c'est un peu la funk fusion puis j'ai rencontré les KIIR, ils répetaient dans une petite salle, je ne sais plus où. C'était pour les filmer au début puisque j'étais orienté sur ce qui est réalisation e puis à force j'ai découvert le ska. Au début pour le reggae, on me parlait de Bob e c'est tout, je me disais :'C'est des stéréotypes, il doit y avoir quelque chose derrière'. Je ne m'étais jamais penché sur la question et puis à force d'écouter, et de partir avec eux sur les dates, il y avait des musiques qui passaient e je trouvais ça vraiment étendu entre ska, rocksteady et reggae. Je trouvais qu'il y avit vraiment des choses à puiser. Enfin bon, mes influences restent surtout funk, même dans les phrases que je mets sur les titres, je les réadapte. Je n'ai pas une très grande culture reggae, j'éssaye d'y aller au feeling. Mais bon il y a Mike qui s'occupe de mon cas dons il me fournit en disques.

Skanews : Vous parlez de Lee Perry dans votre bio…

Mike : On a voulu expliquer sans trop dire pourquoi Orange Street. On a écrit un petit paragraphe. Orange Street, c'est une petite rue de Kingston dans laquelle il y avait pas mal de musique, aussi bien magasins que labels. On a voulu réunir tout ça. Cela symbolise bien l'esprit reggae en général.
Skanews : Vous avez fait partie d'Amplitudes 95 l'année dernière…

Jp : On a été selectionné pour le festival Amplitudes 95. On a eu l'occasion de faire un concert au Centre Culturel de Jouy le Moutier avec les KIIR. On a enregistré un titre sur une compilation réunissant des groupes valdoisiens édité à la Fnac et cela nous a ouvert des possibiltités. Actuellement on est en train de faire un clip avec l'aide de l'Adiam 95 sur le morceau 'Sista Carol'.

Skanews : Vous avez édité un Cd démo 6 titres, vous pouvez m'en parler un peu ?

Mike : On l'a enregistré un peu en précipitation au 4 pistes et il y a deux morceaux qui se sont ajoutés : 'Long time' et 'Sista Carol'. Sur ces deux titres, nous avons eu un peu plus de temps pour travailler. Ce Cd n'est pas commercialisable. On l'a fait dans la précipitation parcequ'il fallait pouvoir démarcher des concerts. On aimerait bien enregistrer plus sérieusement ces 6 titres, et nos nouvelles compositions afin que le son soit meilleur. Nous ne sommes pas vraiment satisfait du résultat.

Skanews : Ce sont vos premières compositions qui sont réunies sur ce Cd ?

Patrick : C'était aussi pour mettre les choses à plat dans le sens où nous-mêmes on se précipite un peu pour composer un répertoire, pour pouvoir quand même faire autre chose que des premières parties, pour pouvoir tourner et à partir de là fixer les choses. Donc rien de mieux que de faire une session d'enregistrement et passer à autre chose. Les anciens titres, on les réécoute chez soi et on les assimile beaucoup plus vite. Même si maintenant la plupart des morceaux que l'on a enregistré, ont été modifiés afin de les améliorer.

Mike : C'est pas des morceaux que l'on a crée vraiment au début du groupe. On peut dire que ce sont des morceaux Orange Street dde la formation telle qu'elle est aujourd'hui. Le groupe a beaucoup évolué en deux ans et certains musiciens sont là que depuis six mois. Les musiciens sont arrivés l'éé dernier, avant nous étions moins nombreux.

Jp : On a commencé à trois chez moi dans ma chambre, avec le 4 pistes nous avons enregistré une vingtaine de morceaux comme ça. Chacun posait plusieurs instruments. Il y en a qui prenaient le synthé, après on enregistrait la batterie, la basse. C'était des compositions pour se faire plaisir. Nous n'avions pas dans l'esprit de faire un groupe à cette époque là. A force de faire des morceaux, ça nous a donné envie d'en monter un.

Patrick : On ne berce pas dans le côté rasta, il n'y a personne qui est dans la religion rasta dans le groupe. Nous avons juste du respect pour les rastas.

Skanews : Vous reprenez des thèmes degrands groupes rastas, par exemple il y a un morceausur l'esclavage que vous avez fait 'No more slavery '…

Patrick : On peut s'impliquer dans certain sujet. Après c'est plus un concept personnel à chacun et à partir du moment où tout le monde s'est réuni pour la musique, c'est le principal, c'est la jonction de toutes ces personnes qui vont faire quelque chose ensemble. Le respect, c'est rasta. Les rastas parlent de l'esclavage d'une certine façon. Ils l'ont vécu, nous, les civilisations européennes on en est à l'origine, donc à partir de là on en parle d'un autre point de vue.

Skanews : Qui écrit les textes ?

Mike : C'est un peu partagé, il y a le chanteur, Patrick le trombone, et moi il m'est arrivé d'écrire aussi.

Skanews : Les thèmes tournent autour de quoi ? Vous avez des messages à faire passer ?

Mike : Il y a surtout, dans les dernières compositions qui n'ont jamais été enregistrées des thèmes love. C'est dommage que le chanteur ne soit pas là pour en parler.

Patrick : La plupart du temps, on exposait les choses cachées. Cela fait plus travailler les esprits quand on passe des textes dans la subtilité. La suggestion, c'est mieux ! Je préfère partir d'un cas particulier pour ensuite l'élargir et non l'inverse. Au lieu de dire par exemple : l'esclavage c'est ça, moi je vais vous montrer un exemple de ce qu'est l'esclavage et les gens font leur propre élargissement, c'est ça qui manquait.

Mike : Les textes sont en anglais pour rester dans l'originel, là bas ils ne parlent pas français. Ceci dit il y a des groupes qui arrivent très bien à faire du reggae en français.

Jp : On évolue et peut-être qu'un jour on fera un texte en français parce qu'on le sentira à ce moment là.

Mike : J'ai écrit un texte sur les droits de l'enfant qui sont peu respectés dans le monde. Donc, à travers ça j'ai exposé différentes images : l'enfant qui part à la guerre plutôt que d'aller à l'école, la prostitution infantile… Pour conclure, les thèmes de nos chansons sont un peu épars.

Skanews : Au niveau enregistrement, des projets, maisons de disques ? On a encore un travail ! On veut pas être déçu. Les concerts vont nous roder et nous irons peut-être en studio avec plus d'assurance et d'éfficacité…

Jp : on espère à la rentrée prochaine si tout se passe bien !

Skanews : Vos projets pour les mois à venir ?

Jp : Finir le clip, une tournée au mois d'août un peu partout sur deux semaines : Normandie, Bretagne, Vendée et du côté de Clermont-Ferrand et puis quelques dates en Normandie et vers Chatearoux au mois de mars. Nous allons être présents sur la compilation de Lord 'Magic' destinée aux groupes français faisant du sixties style et nous serons aussi sur 'Skappellation d'Origine Contrôlée Vol.2'

 

Le premier Cd démo d'Orange Street est une vraie merveille. Le groupe n'est pas très satisfait du résultat, mais, vu de l'extérieur, je peux vous dire que ce disque tient très bien la route ! On commence par un ska tinté sixties intitulé 'Sista Carol', pour continuer avec de très bons reggae roots comme 'No more slavery' ou 'Cadenza' sans oublier le rocksteady avec 'What a night'. Orange Street est un groupe qui a du jus ! Vite, un premier album !

Interview réalisée par Jean Pierre & Sabrina

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