SPECIAL REGGAE LATINO
Interviews de ANTIDOPING, LOS CAFRES, GANJA
(reportage au Mexique réalisé par lecteurs de Skanews en mai 2000)

Premier festival de reggae latino " Vibraciones de America ".

Quelques extraits de la conférence de presse qui a eu lieu le 17 mai 2000 en compagnie de tous les groupes et des organisateurs de ce nouveau festival suivis des interviews de 3 parmi les meilleurs groupes et du compte-rendu de la soirée concert par notre cher écrivain Séb.

Le but du festival : faire régulièrement des festivals de reggae latino dans la foulée de Razteca pour promouvoir les groupes avec l'appui des médias et des disquaires. Chaque année des groupes d'autres pays d'Amérique latine viendront se produire à Mexico, comme cette fois-ci les Cafres d'Argentine entourés de combos mexicains (Antidoping, la Reggata, la Comuna, Ganja).

Antidoping : " on ne doit pas regarder vers le nord (USA) mais vers le sud en tant que latinos et la Jamaïque est latine. Il faut partager avec nos potes, unifier nos forces par la musique quelle qu'elle soit mais nous sommes latino-américains par le sang ce qui était le rêve de Bolivar.

La Reggata : le reggae est une forme de combat.

Ganja : je suis l'homme le plus heureux du monde car je fais ce que je veux, du reggae. "

 

Interview d'Antidoping (Mexico le 17 mai 2000)

Le groupe
7 personnes
Miguel Kabuto: basse, chant Arturo Manzo: guitare Jacobo Govea: percussions, chant
Pedro Apodaca: batterie Manuel Apodaca: clavier Kenji Fukushima: guitare
Jose Grela: saxophone, chant

José : " donc on est les 7, le groupe a changé depuis le début jusqu'à maintenant, et ça c'est la formation actuelle, qui a déjà 3-4 ans, en passant par des hauts et des bas, des moments difficiles, on s'aide, et ça s'est maintenu, ce qui est important, et je crois que maintenant on est dans un moment assez fort, le groupe est très uni.

Les origines du groupe ?

Miguel : " bon, bien sûr on n'a pas une date précise, mais plus ou moins on calcule 7 ans quand la bande a commencé à se réunir. C'est cool, parce que la première fois qu'on a joué, c'était dans la rue, on a beaucoup joué dans la rue, sur la place de Coyoacán spécifiquement. C'était se donner à l'improvisation, au moment, au fait qu'on pouvait se faire virer de la rue. Mais ça nous a bien réussi.
Et maintenant, grâce à d'autres gens, des contacts avec d'autres groupes, on a un atelier qui existe depuis un an, pour les gens qui veulent faire du reggae, on leur dit jamais non, tu viens à la maison, on se passe des accords, c'est pas un cours, on n'est pas les profs, on partage, tu joues ça, ça peut sonner reggae.
Surtout il y a l'idée que la culture est dans la rue, on a participé à pas mal d'événements de rue, c'est important dans le groupe, on maintient l'origine

Que pensez-vous de la Casa Rasta (bar qui se dit reggae à Mexico)

Miguel : on y a été un moment, on connaît bien le patron, c'est un bon copain, il nous a proposé d'y bosser, parce que bon, pour faire les productions et trouver le fric comme indépendants, t'as besoin de bosser. Nous on travaille aussi en dehors de Mexico d'une manière commerciale en jouant des reprises, c'est stratégique, et on joue aussi nos morceaux, et ça nous a donné des résultats, et de cette manière, grâce au fait de casser le truc de " nan, moi je joue pas autre chose, pas de reprise ", grâce à ça on a eu l'opportunité de payer notre propre production, du 2º disque.
La casa Rasta on connaît bien, c'est une super casa Babylone, et le mec le sait, c'est un business, c'est un commerçant, " c'est mon commerce, et je m'en fout que vous soyez d'accord ", une bande jamaïcaine a travaillé ces temps-ci là-bas, c'est bien, bon, ça n'empêche pas d'être un bar ou ils passent du reggae commercial, quand d'autres te proposent d'autres sensations, mais bon, définitivement, là-bas se diffuse le reggae, arrivent les pre-yuppies, les super yuppies à écouter du reggae, que ce soit le pire de reggae, ils écoutent du reggae, et ça c'est bon pour le reggae, pour ceux qui aiment le reggae. Et pour nous ça a été une source de travail, maintenant on lui dit que non, on n'a pas envie, parce qu'il ne nous paye pas ce qu'on veut, donc on n'y va plus, mais ça m'est égal je ne me préoccupe pas d'être là-bas. On peut aller en dehors de Mexico travailler, et gagner la même chose.

Et pourquoi " Antidoping " ?

José et Miguel : En réalité c'est anti antidoping. C'est parti d'une blague, une anecdote. On répétait chez Pedro, et ceux qui voulaient fumer, on allait sur le toit. On revenait, bien tranquilles, et y'avait un copain, qui ne fume pas et en plaisantant nous a dit qu'il allait nous appliquer l'antidoping. On s'est bien marré, et c'est resté. Et aussi une fois des copains bien sympas nous ont offert un journal vespéral ou le gros titre disait " antidoping a jefasos ", ça nous a bien fait marrer, et d'ailleurs on a fait un collage et on a mis notre photo. Bon, la nouvelle parlait qu'il allaient appliquer l'antidoping aux chefs de la police. Donc nous " si si, on est les grands chefs ! ! "

Miguel : mais bon, antidoping essaye de faire le mieux, des fois ça te coûte beaucoup, t'es jamais content avec le travail, parce que tu crois que tu peux faire mieux, et ça c'est bien important, comme n'importe qui, tu prépare un gâteau et tu dis il aurait pu être meilleur, peut être que le beurre n'était pas le meilleur, et çà, çà fait que tu fasses la fois suivante un gâteau meilleur, ça nous fait ça pour nous.

Vos influences ?

Miguel : les influences sont bien riches, on n'est pas non plus des ânes avec les yeux braqués, reggae, reggae, reggae. Nos influences viennent depuis qu'on est petit, et tu commences à écouter de la musique, t'écoutes du rock, divers trucs, qui te bougent, mais pas forcement autant que d'autres et y'a toujours un truc qui te dit que tu cherches quelque chose de différent. Et tu découvres le reggae et tu dis " C'est ça, c'est ça que je veux ! ". Mais les influences dans le reggae, bien sûr, sont les plus marquées : Yellowman, Bob Marley, toute cette bande que tu apprends à connaître, et à écouter, mais depuis le début toute la musique qu'on écoute depuis qu'on est petit forme ton caractère, ta vie musicale, c'est ce qui t'amène à dire moi je veux être musicien, çà, çà me plait, çà çà ne me plait pas.

Comment définissez-vous votre reggae ?

Miguel : C'est du reggae urbain, avec des caractéristiques de mariachis (jajaja), ça arrive non, le reggae que tu joues des fois n'est pas pareil au reggae jamaïcain, il a ton goût, local, mais le nôtre est très urbain.

Et les thèmes abordés ?

José : thèmes très libres, antidoping a la liberté d'expression, tu peux dire ce que tu veux, comme tu veux, qui veut, on t'accompagne, on fait la musique.

La composition ?

José, Miguel et Arturo : Pareil, c'est libre, y'en a un qui écrit des paroles, je compose la musique, un autre propose un mot, quelque chose. de mieux. C'est très libre, on se donne l'opportunité de savoir qu'on a tous la capacité de créer, c'est important. Pour ça c'est quotidien, urbain, des fois frais, un peu radical. Et tous les jours on fait un hommage à la musique, à celle qui nous remplit le plus le cœur, au reggae.

Les festivals auxquels vous avez participé et vos projets ?

José et Arturo: bon, bien sûr on participe au Razteca, mais actuellement, on a le projet de voyager en Europe, on a des contacts en Espagne, on a l'espace pour jouer, à Madrid, Valladolid et Barcelone. Mais on n'a pas les thunes pour le voyage… On pouvait trouver des billets pas trop chers, mais avec l'été, c'est impossible, et nous on voulait y aller maintenant…et bien sûr on voudrait faire la promotion de la musique, en Europe on connaît peu ce qui se fait ici, on accumule ici, et rien ne sort…
Ben alors que connaissez-vous de la musique européenne ?
José et Arturo: on connaît un peu, surtout grâce à la " Hermandad rasta ", qui ramène de la musique du monde entier, pas toujours le plus commercial, par exemple Tonton David, Pinturra Fresca d'Italie, on récupère des compilations, on ne connaît pas les albums en général. José : " Du reggae que je connais de France, très bon reggae, j'aime beaucoup ". De fait, on revient juste de San Cristobal de las Casas, où on va souvent, et bon, là-bas, on a connu des Autrichiens et des Français, qui nous ont invité, mais toujours pareil, les billets d'avion…

Vos disques ?

2 disques, le premier de 1995 et le dernier un live de 1997 sorti en 1998. Pas mal de matériel pour penser dans le prochain disque ;

Vous allez maintenant réagir rapidement à des mots.

ska :
José : musique amusante, dynamique, énergétique, ce dont beaucoup de jeunes ont besoin, sortir toute cette énergie. Quand tu vas à un concert de ska, c'est pour sauter, suer, et je crois que beaucoup de jeunes ont cette nécessité ici dans la ville, bien stressante.
Arturo : élémentaire, surtout pour les jeunes qui n'ont rien de mieux que foutre le bordel, mais y'a pas beaucoup plus, parce qu'en plus le ska qui se fait ici au Mexique, la majorité des groupes, c'est plutôt rock, punk.
Miguel : le ska au Mexique a une histoire, ici un groupe fort qui a été La Maldita Vecindad a diffusé la fusion du ska, du reggae et du rock. Et le ska que les groupes jouent maintenant est très " à la Maldita ", plus punk. Y'a des mecs de Monterrey qui jouent le ska dans le style des Specials, très britannique, ils s'appellent Inspector, très Madness. Le ska comme dit Arturo peut être très élémentaire. Mais comme c'est utilisé ici, c'est presque inaudible, les paroles, tu ne les comprends pas, tous les groupes ont une section de cuivres et pas au top, pas accordés, avec un clavier qui rattrape (pip pip pip..). Quelques-uns ont développé ça, la Tremenda Corte, leurs cuivres sonnent accordés, Panteon Rococo aussi qui dit non, nous on ne fait pas que du ska, on fait du rock, une fusion. Mais c'est un groupe aimé par les jeunes qui écoutent du ska ; il leur manque pas mal de boulot et connaître plus les Skatalites qui sont les maîtres, d'un ska très pur, plus lié au jazz. Par exemple, les Skatalites avait un saxophone, David Moore qui fait du free jazz, type Tom Cherry, qui fait des trucs excellents, mais ça c'est un boulot de musiciens, pas comme dit Arturo, pour vouloir faire la teuf, mais vraiment un boulot de musiciens.

Bob
Arturo : un de grands diffuseurs du reggae, excellent ;

Zapatismo :
Arturo : Excellent

 

Interview de Los Cafres (Mexico 17 mai 2000)

Depuis quand le groupe existe-t-il ? Est-ce que ce sont les mêmes personnes depuis le début. ? Etiez-vous déjà des potes ?

Claudio (clavier): Depuis 1986-87
Gonzalo (bassiste) : Non, nous avons d'abord joué ensemble puis nous sommes devenus des amis.
Guillermo (chanteur) : A cette époque, il n'y avait pas beaucoup de reggae à Buenos Aires. Nous nous sommes connus dans les lieux peu nombreux où se retrouvaient tous les gens qui aimaient cette musique, où on importait des disques. Puis on a commencé à jouer mais il n'y a pas eu d'annonce dans les journaux. Certains jouaient déjà dans d'autres groupes comme les Pericos. Mais aujourd'hui, la majorité de ces groupes ont disparu. Il ne reste de cette époque que nous, les Pericos que beaucoup ne considèrent pas comme du reggae mais c'est du reggae même partiel, los Fabulosos Cadillacs. Un combo comme Zumo ( ?), 1er groupe de reggae en Argentine vient de se séparer avec la mort du chanteur. Bref le groupe c'est 7 personnes désormais.

Pourquoi ce nom " les sauvages " ?

Guillermo : On a lu dans un livre espagnol que les Jamaicains avaient été nommés ainsi par les Espagnols à leur arrivée. Les Cafres, cela viendrait d'Afrique. (un peu d'histoire : les Français aussi appelaient les noirs d'Afrique dans leurs colonies, les cafres).

Et vos influences ?

Claudio : Il y en a beaucoup individuellement. Au début on a été réunis par le roots mais le reggae est très varié. Désormais on expérimente de tout, on essaie simplement d'avoir une très bonne qualité.

Combien avez-vous de disques et de concerts à votre actif ? Où avez-vous joué ?

Gonzalo : Au Chili, Brésil (devant 5000 personnes), Porto-Rico, et Mexico maintenant mais essentiellement à Buenos Aires et l'intérieur de notre pays (Cordoba, Mar de Plata, Rosario).
Claudio : Depuis 1993, il y a une ouverture sur la Jamaïque et des chanteurs jamaïcains sont venus en Argentine et il y a eu le 1er sunplash ici en Argentine. A Porto-Rico en 95, nous avons joué avec les plus grands devant 6000 personnes : Black Uhuru, Israel Vibration, Yellowman…D'ailleurs nous sommes sur une compilation de l'événement avec 3 chansons.

D'ailleurs n'y a-t-il pas eu récemment dans votre pays un concert hommage à Bob Marley ?

Guillermo : Oui , nous l'avons organisé. Il y avait 5 groupes dont Cultura Profetica de Porto Rico pour les remercier de leur invitation chez eux. Mais malheureusement peu de gens (500) pour différentes raisons : pluies, autres événements organisés le même jour.…alors qu'on en espérait environ 1000-1500. En Argentine, beaucoup de gens aiment le reggae mais peu achètent des disques et encore moins vont aux concerts.

Mais vous n'avez jamais joué au festival Razteca de Mexico? (rappel : c'est le plus grand festival de reggae d'Amérique latine sur 12 heures non stop)

Gonzalo : A la prochaine édition…mais on n'a toujours pas reçu d'invitation.

Vos disques ?

Guillermo : Nous en avons 3 datant de 1994 " Frecuencia cafre ", 1995 " Instinto ", 1997 " Suena la alarma " et en 1996 est ressorti le 2ème album en version dub. Les 3 viennent de sortir aux USA.

Vos projets ?

Gonzalo : Après cette tournée, retourner enregistrer le 4ème disque puis le présenter au public argentin. Nous avons quelques espoirs pour aller en Espagne et ……en France grâce à vous. On a eu des propositions pour aller jouer en Croatie avec Culture Profetica mais bof.

Qui écrit et sur quoi ?

Gonzalo et Claudio : On parle de tout de nos sentiments, il n'y a pas de thèmes précis. Mais pas de politique, de rastafari, pas de religion (rasta sous entendu). Pas de prosélytisme. Seulement la vie quotidienne et le respect.
Guillermo : Nous sommes contre l'hypocrisie, contre " il faut être rasta et puis c'est tout ". chacun fait ce qu'il veut. Nous écrivons tous maintenant. D'abord un trouve une idée puis les autres s'intègrent et participent à la création du morceau.
Nous sommes 7, n'avons pas de percussion mais 2 cuivres, 3 chœurs. Il ne faut pas oublier que nous sommes non seulement influencés par le reggae mais aussi par nos racines latines, argentines. Nous ne copions pas le reggae jamaïcain, nous faisons du reggae argentin, latino.

Quels sont vos groupes préférés anciens et actuels ?

Guillermo : il y en a beaucoup, des piliers comme Dennis Brown, Bob, Gregory Isaac, Israel Vibration. Et chez les jeunes, Buju Banton, Cultura Profetica, Aswad, Steel Pulse et d'autres.

Connaissez-vous au moins les groupes mexicains avec qui vous allez jouer à ce festival ?

Guillermo : Non, çà n'arrive pas en Argentine. On connaissait l'existence de Razteca mais c'est tout. Il y a toujours peu de reggae dans notre pays, cela n'intéresse pas les grands producteurs, cela reste indépendant.

On finit toujours l'interview de skanews par des mots. Vous devez réagir. OK ?

Ska
Gonzalo :Les origines pour moi. On en a écouté et on en écoute toujours.
Guillermo : joie. J'ai des disques des Specials et Selecter. Notre saxo vient du ska. Il est moins développé ici qu'au Vénézuela. Et souvent le ska et le reggae sont séparés et c'est mal, comme le rap ou raggamuffin du reggae, pourquoi ?

Bob
Tous : Crucial

Rastafari
Guillermo : Crucial aussi. C'est une grande force, une force très importante mais un peu trop partiale, fermée, orthodoxe.

Joint
Guillermo : Biiiiip. Une expérience intéressante, qui n'est pas bon pour tout le monde malheureusement et il ne faut pas en abuser. Pour moi c'est bon et je suis d'accord pour légaliser et informer. Nous ne faisons pas de campagne pro-marijuana, c'est quelque chose de personnel.
Gonzalo : Pour moi l'important c'est l'information et l'éducation ; Savoir si je veux ou pas fumer, savoir ce qui me plaît.

Mano Negra
Guillermo : très intéressant. Manu Chao vient de finir une tournée en Argentine mais il n'a pas voulu jouer à Buenos Aires, seulement au Rosario et à Mendoza. Son disque fut pour moi le meilleur de l'année passée, avec beaucoup de force.

Fabulosos Cadillacs
Guillermo : Ils sont très importants. Ils ont ouvert le marché en Amérique latine et en Europe. Ils ont aidé à connaître ici les rythmes de là bas. En plus ils font de nouvelles choses (cf les 2 derniers albums).

Merci les Cafres et bons concerts au Mexique.

Les coordonnées du groupe : diegocanedo@sinectis.com.ar

 

 

Interview de Ganja (Mexico le 17 mai 2000)

Comment s'est formé le groupe ?

Ernesto (chanteur) : La base du groupe existe depuis 12 ans mais nous jouons du reggae que de depuis 5 ans. Avant on jouait de tout lors des fêtes, des bals : de la ranchera, du tropical, de la black music, du reggae…Nous sommes 3 cousins au début ( clavier, batterie, guitare) et nous nous sommes aperçus que le reggae est la musique de réconciliation. Mais qu'est-ce qu'on s'est amusé à jouer de tout partout.

Combien êtes-vous aujourd'hui ?

Salvador (batteur) : 4 car un bassiste nous a rejoint il y a 3 ans.

Le nom ?

Ernesto : On l'a depuis qu'on ne joue que du reggae. Cela signifie marijuana et c'est très important dans le mouvement reggae. Mais pas de promotion de notre part. C'est un élément rituel des rastas.

Vos influences ?

Salvador : Beaucoup puisqu'on a joué pas mal de choses différentes depuis nos débuts : des mariachis à la musique des Caraïbes en passant par la ranchera. Nous, Mexicains, sommes partie des Caraïbes (cumbia, salsa, ska, reggae) et sommes donc très variés.
Ernesto : il y a aussi le rock, le blues, le jazz, le rock anglais…

Où avez-vous joué ?

Ernesto : Notre base est la ville de Mexico, nous vivons et travaillons ici même si on va aussi sur les plages du pacifique. Il y a aussi le festival Razteca chaque année.

Combien de disques avez-vous ?

Ernesto : un seul " Reggae mexicano " sorti depuis plus d'un an mais qui vient d'être édité en CD. C'est une production indépendante bien sûr, comme beaucoup d'autres car les grands producteurs n'y croient pas et c'est tant mieux, car le rendre commercial pourrait casser le mouvement.
Salvador : Comme groupe, nous avons appris que l'on pouvait tout faire tout seul au lieu d'avoir une compagnie qui te réprime et te prend ton argent. Bien sûr il y a des erreurs mais c'est comme çà qu'on apprend…comment faire le design d'un disque, trouver un lieu d'enregistrement pas cher, distribuer le disque dans les concerts et chez les disquaires.

Qui écrit ? Quoi ?

Ernesto : la vie quotidienne à Mexico, la " vibra positiva "
Salvador : Parfois j'ai une idée et les autre s se rajoutent ou l'inverse. Chacun apporte quelque chose.

Quels groupes vous intéressent ?

Ernesto : Il n'y a pas de contact avec l'étranger si ce n'est à travers Razteca quand des groupes étrangers viennent jouer ici. Par exemple même lors de ce festival, la star Pato Banton n'est même pas venu nous saluer et boire un coup avec les autres groupes, il est venu faire son show et est reparti. J'aime tout mais je préfère Bob, Alpha Blondy, les racines.
Salvador : Moi je m'intéresse surtout au reggae en espagnol, aux groupes qui chantent en espagnol. Nous avons beaucoup de contacts avec les groupes de reggae mexicains (Antidoping, la Comuna…) mais je veux en acheter encore. On aime bien les Cafres et Cultura Profetica.
Ernesto : Oui on a beaucoup de relations avec Antidoping car on vient des quartiers populaires, moins avec les Rastrillos et les Yerberos qui viennent d'un milieu plus aisé et font la fête ensemble. On n'aime pas jouer du ska, ni avec des groupes de ska, même si on les respecte beaucoup. Je n'aime pas ce style de musique. (Et il continue de parler car Salvador est parti répondre à un autre journaliste mexicain) Le mouvement ska-reggae au Mexique est en plein boum, il prend l'espace que le rock ne remplit plus. Mais il y a 12 ans il y avait plus de programmes à la radio avec de la musique indépendante et pas seulement du reggae. Mais aujourd'hui , il y a un manque d'appui de la part des médias. Les émissions sont à 7h du mat', la seule vidéo de reggae latino que j'ai vue sur MTV, je ne l'ai vue qu'une fois.

Veuillez réagir à ses mots.

Ska
Ernesto : Base harmonique du reggae. Bob a commencé par là. Mais cela n'existe plus. On donne désormais ce nom à un nouveau mouvement qui n'a rien à voir.

Bob : Le maître.

Rastafari : Prophète

Zapatisme : Une des guerres ouvertes d'Amérique.

Joint :
Ernesto : Pour moi une porte vers Dieu.
Salvador (enfin de retour) : c'est quelque chose de personnel. Pour moi le reggae ne signifie pas marijuana mais beaucoup d'autres choses : conscience, harmonie, paix, lumière… Pour les gens, ceux qui écoutent le reggae sont forcément des fumeurs de marijuana, mais ce n'est pas vrai.
Ernesto : aïe, aïe, si si c'est bien, c'est bien.
Salvador : Moi par exemple je ne fumes pas…
Ernesto : Heum, heum
Salvador :..plus.

Merci ganja.

Interviews réalisées par Cédric et Cybèle pour Skanews.

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