LA RUDA SALSKA

A force de courage et de travail acharné, La Ruda Salska su franchir toutes les étapes jalonnées d'embûches afin d'être aujourd'hui l'un des groupes Rock-Ska les plus aimé.
Participation remarquée en 1994 sur la compilation du label On A Faim ! " Ni Jah Ni Maître ", un premier album autoproduit, enregistré en partie grâce aux souscriptions des fans, puis un deuxième, une distribution nationale assurée par Tripsichord, puis une signature en licence chez Yelen (appartenant à Sony), un album live, des tournées magistrales et enfin, l'enregistrement d'un nouvel album à paraître avant la fin de l'année.
Que de chemin parcouru ! Skanews a rencontré Pierrot, chanteur de la formation afin de faire un petit bilan

Skanews : " Comment est venue l'idée de faire un album live ? "

Pierrot : " Cela c'est fait de façon naturelle car pour nous la scène entre de prime abord dans notre logique de composition. Il était important pour nous de délivrer sur support l'expression supplémentaire qu'apporte " la sueur " à nos morceaux. Au bout de 400 concerts on se sentait prêt à le faire et de plus ça nous a permis de mettre au jour l'identité Rock qui est la notre. "

Skanews : " Pouvez-vous nous parler de sa réalisation "

Pierrot : " On ne s'est pas mis la pression… Enregistrer un live est toujours très chiant car on a tendance à ne pas jouer à l'instinct quand on sait que les bandes tournent. Or, les gens qui viennent nous voir à un concert n'en n'ont rien à foutre aux aussi. Pour jouer de façon débridée, Nico, notre ingé son a enregistré des bandes de concert çà et là au cours de nos tournées de l'année 2000. L'album a été donc réalisé en compilant des morceaux pris sur nos magnétos. On ne s'est pas fié sur une date, le but était de faire un instantané de ce qu'est la Ruda sur scène sans retouche aucune, qualité et défauts compris. "

Skanews : " Pouvez-vous nous parler du livret qui est somptueux. "

Pierrot : " Il a été réalisé par Dimitri qu'on a connu chez Yelen et qui a mis en pages différentes photos qu'on avait prises au fil des dates. Le petit carnet de bord à l'intérieur provient de notre fanzine " Le Bruit Du Bang " réalisé par Guy Le Tison notre sono-retour. Fanzine qui sort très épisodiquement et qui se veut l'écho de nos concerts pour ceux que ça intéresse. "

Skanews : " Etes-vous satisfait de ce disque avec quelques mois de recul ? (réalisation, ventes, promo etc...) "

Pierrot " Nous sommes très contents du travail de Nico en terme de son et de réalisation. Les défauts de jeu sont ceux propres au jeu de funambule qu'est le live, on les assume sans gêne parce qu'ils sont la contre-partie d'une énergie voulue. Les ventes sont bonnes, (15 000), ce qui est très flatteur pour nous. L'objet s'est donc avéré positif. "

Skanews : " Vos rapports avec Yelen sont bons ?. Quels sont les différences entre Yelen Sony et un label indé ? "

Pierrot : " Nos rapports avec Yelen sont bons. Nous réglons nos divergences en bonne intelligence. Le but étant que notre partenariat soit positif, et pour la Ruda et pour Patricia (la responsable de Yelen), pas de problèmes donc. La différence entre Yelen et un label indépendant réside essentiellement dans la manne financière mise à la disposition du groupe. Pour le reste, à partir du moment où on a l'indépendance artistique, un label indé ou pas, cherche toujours à vendre des disques. Le tout est d'avoir de bons rapports humains. "

Skanews : " Depuis votre arrivé chez Yelen, votre manager a changé et j'ai entendu dire (vrai ou faux ?) qu'un ou plusieurs membres du groupe auraient aussi changé... pouvez-vous nous parler de tout ça ? "

Pierrot : " Christian, notre ancien manager est conducteur de trains. Il ne pouvait plus s'investir à proportion de l'actualité du groupe et comme il n'aime pas faire les choses à moitié, il a préféré passer le relais.
Notre bassiste est parti l'année dernière et a été remplacé. Il n'avait plus envie de passer autant de temps sur les routes. Il travaille aujourd'hui à l'IRMA à Paris. "

Skanews : " On vous a vu il y a quelques semaines sur Canal Plus dans un reportage de Bernard Menez. Pouvez vous nous en parler ? "

Pierrot : " Bernard Menez était l'invité d'une émission sur canal Plus, " Un Monde de Brutes " dont le sujet est de
proposer à un artiste de parler de gens dont il apprécie le projet, artistes ou pas. Comme nous avions collaboré avec lui sur le clip
" Du Rififi Chez les Branques " et que nos rapports sont excellents, Bernard Menez a choisi d'évoquer la Ruda. "

Skanews : " Bernard Menez a l'air d'avoir craqué pour votre groupe. Comment l'avez-vous rencontré ? Comment c'est passé le tournage du clip ? Pensez-vous retravailler avec lui un jour ? vous a t il ouvert des portes ? "

Pierrot : " On l'a rencontré de façon assez simple, chez lui. Ce qui a été possible grâce à sa gentillesse et son ouverture d'esprit. On lui a proposé notre projet de clip, il a tout de suite accepté et s'est même beaucoup investi dans sa réalisation. Le tournage a été un vrai bonheur pour nous parce qu'on rêvait, à notre échelle de mettre en scène une pseudo comédie à la française avec de " vrais acteurs ". C'était un vieux rêve et le rendez-vous avec Bernard Menez a été une vraie belle rencontre. Depuis, il vient nous voir quand il le peut en concerts mais je ne sais pas si nous nous associerons encore à l'avenir. "

Skanews : " Pouvez-vous nous parler de votre dernière tournée ? "

Pierrot : " La tournée étant très serrée, 360 dates en 40 jours, et nous appréhendions un peu. Finalement, tout s'est passé à merveille. Les concerts étaient complets, on a plutôt pas mal joué et les 7 nouvelles compos qu'on a intégré dans le set sont bien passées. Le but de cette tournée était multiple. D'abord retrouver la scène, car on ne se voyait pas ne pas jouer pendant 9 mois. C'est pour ça que nous avons coupé la réalisation de notre album. Ensuite, il s'agissait pour nous de retrouver un peu plus l'ambiance club, c'est à dire des salles entre 200 et 800 places car il est vrai que l'an passé on avait fait surtout des salles à dimension moins humaines. Ensuite, la tournée nous a permis de jouer nos nouvelles compositions et de juger de ce qu'elles avaient dans le corps. Le Royal Club Tour baptisé en référence au groupe " Casino Royal " (excellent groupe Ska italien de la fin des années 80, NDLR), s'est donc avéré très positif pour nous. "

Skanews : " Vous allez entrer en studio afin d'enregistrer un nouvel album. Vous allez travailler avec le producteur Andy Lyden. Est ce un choix de votre part ? Si oui pourquoi l'avoir choisi ? "

Pierrot : " On avait envie de travailler avec quelqu'un qui nous apporte un peu de recul par rapport à notre musique. C'est toujours intéressant car en phase de compositions, on est recroquevillé sur nous-même dans notre sous-marin et on manque parfois d'objectivité. Il ne faut pas voir dans l'image d'un producteur, un type qui dirige les compos à la baguette, ça tiendrait pas 5 minutes avec nous. Non, c'est quelqu'un qui nous suit au fur et à mesure des morceaux et qui réfléchit avec nous pour en amplifier la teneur. Le choix d'Andy Lyden a été assez simple puisqu'on le connaissait depuis un an et demi, qu'il appréciait notre musique, qu'il est très compétant et qu'il est très saint humainement. "

Skanews : " Allez vous avoir plus de moyens pour la réalisation de ce disque ? "

Pierrot : " Oui, mais ça c'était pas dur car sur les 2 premiers on en avait pour ainsi dire aucun. C'est pour ça qu'on les avait enregistrés nous même avec les moyens du bord. Pour la première fois nous allons aller en studio pour ce troisième album. "

Skanews : " Parlez-moi des titres que vous allez mettre sur cet album (textes, styles musicaux...) "

Pierrot : " L'album devrait se situer dans la continuité de ce qu'on aime faire, c'est à dire des choses assez Rock mêlées de contre-temps. Quant aux textes, c'est encore à finaliser mais de toute façon, des thèmes, il y en a des milliers ! L'important comme pour la musique est de parvenir à se renouveler, de trouver des angles neufs et de s'essayer à des intentions nouvelles pour ne pas se parodier. Je peux tout de même te dire que l'album devrait contenir environ 14 morceaux. "

Skanews : " Pourquoi l'avoir appelé " Passager du Réel ? "

Pierrot : " Parce que le réel on y est forcement confronté, mais l'important réside dans la façon de le traverser bon gré mal gré. "

Skanews : " Dans quel état d'esprit se trouve le groupe aujourd'hui ? Envie de continuer dans la même direction musicale ou envie d'explorer de nouveaux styles ? "

Pierrot : " Le groupe aujourd'hui se porte plutôt bien. Nous sommes pour l 'instant fixés sur la réalisation de l'album et c'est toujours un moment important. C'est parfois dur, mais la notion de groupe réside justement dans le fait de s'encourager, de construire ensemble notre volonté commune. Notre plaisir peut tout à fait passer par d'autres styles musicaux à l'avenir. "

Skanews : " Que pensez-vous de la scène ska reggae aujourd'hui en France ? "

Pierrot : " Elle s'est fortement développée et j'en suis très heureux. Ce que j'apprécie surtout c'est le fait qu'elle n'ait pas d'œillères, elle est très diversifiée quant à l'approche du Ska. Elle est très ouverte aux autres styles musicaux et c'est ce qui la rend créative. "

Skanews : " Pensez-vous que les médias jouent bien leur rôle ? "

Pierrot : " Ils s'adaptent. Quand c'est Grunge, ils vendent Grunge, quand c'est Reggae, ils vendent reggae. Leur rôle est de relayer l'info, ensuite ils l'entretiennent le plus longtemps possible. "

Merci à toi et grand bravo pour le zine.

Interview réalisée en juin 2001 par Jean-Pierre Boutellier.

Trois albums à se procurer : " Le Prix Du Silence ", " L'Art De La Joie ", " Live " (Yelen / Sony).

http://www.larudasalska.com/

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