SINSEMILIA
28 novembre 2000

Pas besoin de vous présenter Sinsemilia, à moins que vous reveniez tout juste d'une mission sur Mars de 4 ans. ! Après 3 albums et quelques centaines de milliers de disques vendus, cette formation de Grenoble a une solide réputation « d'agitateur » dans tous les sens du terme. Concerts survoltés où tout le monde saute sur scène et textes engagés qui n'épargnent personne, la télé, le F.N., les douaniers et même ceux qui fument trop de ganja !
Skanews : « Votre nouvel album « Tout ce qu'on a » est paru en juin dernier, quand pensez-vous avec quelques mois de recul, et quels échos en avez vous de vos fans ? »
Mike : « On est assez content de ce qu'on a fait. Je ne veux pas dire que l'album c'est de la tuerie mais par rapport à nous, à ce qu'on cherchait, on a fait un truc qui nous correspondait bien à ce moment là. Après, l'accueil des gens qui viennent nous voir est toujours bon, maintenant globalement les gens qui viennent nous voir, sont ceux qui aiment Sinsemilia à la base, c'est quand même pas très objectif comme avis mais c' est vrai que nous avons globalement que des bonnes remarques. »
Skanews : « Comment avez-vous abordé l'écriture de ce disque après le succès du précédant ? »
Mike : « En terme de textes, le seul truc c'est qu'on sentait qu'on avait des responsabilités un peu plus lourdes. Quand tu te dis, il y a 200 000 personnes qui ont acheté l'album d'avant, je voulais qu'on soit clair dans ce qu'on avait à dire. Etre sincère. On a vraiment pesé chaque mot, on peut être d'accord ou pas avec ce qu'on dit mais ça peut pas être mal interprété, on dit réellement ce qu'on pense. »
Skanews : « Vous n'aimez pas les étiquettes, comment pouvez vous présenter cet album à ceux qui ne connaissent pas Sinsemilia ?»
Mike : « C'est une musique de jeunes qui ont passé toute leur adolescence à être passionnés par le Reggae, être passionnés à outrance et qui au moment de faire de la musique ont quand même voulu y mettre leur propre identité, c'est des jeunes qui on grandit à Grenoble, en France, pas en Jamaïque. Du coup ça se ressent dans le son, qu'on le veuille où non. Il y a des influences Rock parce qu'on a entendu du Rock toute notre jeunesse. C'est un Reggae si autant soit peu que ce soit encore du Reggae, c'est un Reggae qui est speed parce que la vie ici est speed. Même moi j'ai du mal à décrire ce qu'on fait. »
Skanews : « Dans Sinsemilia il y a pas mal de mélange de genres, que pensez-vous de Pierpoljak, qui lui, trouve qu'il ne faut pas mélanger les genres ? pas mélanger le Reggae avec du Ska ou du Rock. »
Mike : « Moi je dis
qu'il ne faut pas donner de leçons aux gens autour. Nous on force personne à
écouter ce que l'on fait. On est pas bombardé en radio, de la même façon, je
ne force personne à venir nous voir en concert.
Je vois pas le mal qu'on fait, si encore on faisait ce mélange là tout en
essayant de s'approprier le Reggae, mais non, on a toujours eu un discours
clair qui disait que pour nous le Reggae, le vrai truc, se sont les jamaïcains
qu'ils l'avaient fait et c'est leur truc. Nous, on est amoureux du
Reggae mais on fait un truc qui nous ressemble.
Quand quelqu'un fait un truc sincèrement et de la façon la plus intègre
possible, je ne vois pas où est le mal. »
Skanews : « Vous avez écrit « amour, gloire et beauté » suite à vos passages dans Hit Machine et dans l'émission de Michel Drucker. Y retournerez vous un jour ? »
Mike : « Sincèrement,
je ne pense pas, j'ai faillis dire jamais mais maintenant je ne sais pas de quoi
la vie est faite.
Si on nous le propose demain, dans six mois, nous n'irons pas. Je ne regrette
pas d'y être aller, j'assume le fait d'être allé là bas. On sait pourquoi on
y est aller. On en a parlé longuement, dans l'histoire de Sinsemilia c'est une
des décisions qui a posé le plus de débats chez nous. C'était il y a 2 ans,
pour plusieurs raisons on voulait voir de l'intérieur, mine de rien, on est des
gens normaux qui ont l' occasion de voir la télé, on a eu l'occasion d'aller
voir, on a vu ça de plus près.
Une émission comme Hit Machine, on passe notre vie à dire que c'est une émission
de merde avec des groupes de merde. Si on t'invite, que tu as la prétention de
ne pas être un groupe de merde et que tu n'y vas pas, il faut pas se plaindre
après que ces émissions sont des émissions de merde. En plus Hit Machine, ça
fait vendre, ça touche un public que nous, Sinsemilia, groupe de
concerts, on ne touche pas. Des gens de 13, 14, 15 ans qui ne vont pas au
concert, qui achètent ce qu'on leur montre au Hit Machine ou ce qu'on
leur donne sur Skyrock. Je me dis qu'il faut peut être mieux acheter l'album de
Sinsemilia que celui de Stomy Bugsy, c'est personnel comme opinion.
Ce qu'il y a dans nos albums, ça me paraît vachement moins creux que ce qu' on
leur propose normalement. Voilà on avait pleins de raisons. Mais avec du recul
on se reconnaît moyennement dans ce genre de truc, on l'a fait on n'aura peut
être pas la force de le refaire, voilà. »

Skanews : « Arrivez-vous à contrôler votre image après le succès du deuxième album ? »
Mike : « Tu ne peux pas tout contrôler parce que dans l'image il y a aussi l 'image que les gens qui se font de toi. Quand on fait « amour, gloire et beauté » c'est parce que j'ai vraiment vu les gens à Grenoble penser que je vivais ça, que j'étais multimillionnaire, que j'avais 72 maîtresses. Ca, tu peux pas lutter contre le fantasme des gens. Si on peut lutter, on lutte en leur montrant : « regardez à Grenoble, nous n'avons pas changé nos habitudes, on va toujours aux mêmes endroits, on voit toujours les mêmes gens, après les concerts on est souvent dans la salle avec le public ». Tu peux pas être partout tout le temps. J'entends des ragots sur nous qui me font halluciner et chaque fois, tu ne peux pas montrer que ce n'est pas vrai. Un moment il faut savoir laisser courir le ragot. »
Skanews : « LKJ est invité sur votre disque, comment l'avez vous rencontré et comment c'est décidé cette collaboration ? »
Mike : « On a joué 3 fois sur des festivals ensemble, première approche
plutôt bien, c'est pas quelqu'un de très expansif. Le premier coup, il a
regardé et ça l'a un peu surpris. Niveau public il y avait un gros accueil,
il m'a entendu parler entre chaque morceau. il m'a demandé de quoi je
parlais. Je lui est expliqué un peu, il y avait un côté politique qu'il lui
a beaucoup plus.
Ensuite, on a fait 2 ou 3 festivals ensemble.
Quand on a fait ce morceau là (« Ne rendra beau l'immonde »), on trouvait
qu'au niveau du texte et de la musique, sa présence aurait un sens. Je l'ai
appelé et il m'a dit qu'il n'avait pas le temps, alors je lui ai dit que je
lui envoyais tout de même le morceau afin qu'il prenne le temps de l'écouter et qu'on lui traduisait les textes en anglais.
Il a adoré le texte. Nous sommes donc montés à Londres et nous avons fait le
morceau avec lui là-bas. Il m'a dit qu'en 20 ans de carrière que c'était la
première fois qu'il chantait le texte de quelqu'un d'autre. Pour moi
c'est
le plus gros compliment qu'on nous a fait depuis le début. »
Skanews : « Est ce facile d'écrire et de composer à 10 ? Etes-vous obligés de faire des compromis ou des concessions ?
Mike : « Oui, un minimum. Déjà, nous n'écrivons pas à 10. C'est une
personne
qui écrit son texte. Après, cela devient le texte du groupe dans le sens où les autres doivent le ressentir et être en accord avec. Il est arrivé que
des textes soient refusés parce que des membres dans la formation ne se
sentaient pas concernés.
Pour la musique, on compose à 10 et là on essaye des choses. On ressent très
vite si ça nous plait ou pas. »
Skanews : « peux-tu me parler de « La Nausée ». Qui l'a écrit et dans quelle condition ? »
Mike : « Qui l'a écrit. c'est pour ma pomme ! Justement, tu vois, on parlait
de textes qui avaient été refusés. Il a été écrit à l'époque de «
Résistance ». Il était prêt pour être sur « Résistance » mais nous ne l'
avions utilisé. Le texte avait trop surpris les membres du groupe par rapport à ce que l'on fait normalement.
Et deux ans après, tout le monde était très chaud pour que le texte soit sur
« Tout ce qu'on a ». Je l'ai écrit dans un moment un peu comme ça. Je crois que tout le monde en a des moments comme ça. Je crois que les autres avaient
besoin de ressentir vraiment le truc et d'accepter de faire sauter une fausse pudeur qui fait que quand tu es sur scène, tout va toujours bien, que
tu es fort et que tu pleures pas. donc voilà c'est la première fois qu'on
avait un texte où l'on s'assumait. On a tous des passages ou l'on craque. »

Skanews : « Suite au texte de « La Flamme » est ce que vous avez eu des problèmes avec le F.N. ? »
Mike : « Non, déjà, il me paraît difficilement attaquable. Vu que les radios ont censuré le titre avant qu'il sorte. de toute façon les radios ont fait le boulot du Front National. »
Skanews : « Quelle est ta réaction par rapport à cette censure ? »
Mike : « tu vois, tout à l'heure on parlait de « La Nausée ». ben voilà !.
Pour les radios, un groupe de musique fait danser, et s'il peut raconter des conneries c'est mieux. Là on parle des gros médias parce qu'il y a des
radios associatives qui l'ont diffusé.
Les gros médias se sont relâchés, une partie de la censure c'est relâchée.
avant on montrait pas du cul aussi facilement dans un clip, aujourd'hui il y
a pas de problèmes, ils montrent du cul, des armes mais dès que tu as un
discours pas trop con et qui dit des choses, c'est là que ça coince et qu'ils sont gênés. »
Skanews : « Est-ce facile de tourner et d'écrire en même temps des nouveaux textes ? »
Mike : « Niveau textes ça change rien parce que j'adore écrire et j'écris tout le temps, quel que soit le lieu. Pour la musique c'est plus compliqué. On a besoin d'être à la maison, entre nous au local etc. »
Skanews : « C'est pour ça que vous avez fait un break pour l'enregistrement de ce nouvel album. »
Mike : « Tout à fait. On avait à peu près tous les textes mais quasiment aucune musique donc il fallait s'arrêter et faire ça. »
Skanews : « Comment est venue l'idée de donné le nom de Sinsemilia à votre groupe ? C'était un peu de la provocation ? »
Mike : « Non, à ce moment là, on ne donne pas un nom à un groupe. On est une
bande de collègues de Grenoble. On est des musiciens, on est au départ du
truc. On fait du Reggae, ce qui est top ringard à ce moment là, on donne un
nom à notre délire de collègues. Jamais j'aurais pensé que ce nom là serait
affiché sur les murs un jour. En plus on écoutait énormément l'album de Black Uhuru du même nom. Mais jamais j'aurais pu imaginer la suite du
parcours.
Je ne regrette pas ce nom, le mot est joli, je m'y suis attaché mais nous
nous sommes mis tout seul dans un cliché du Reggae qui nous énerve. Pendant
longtemps on nous a un peu trop limité à des joyeux fumeurs d'herbe. »

Skanews : « On a souvent dû vous demandez si vous êtiez des Rastas ? »
Mike : « Oui, souvent ! Non, non, Rastas nous ne sommes pas. Il y a de tout chez Sinsemilia, il y a plusieurs religions. C'est un thème qu'on aborde rarement, c'est un sujet où il n'y a pas de consensus, les avis sont partagés. »
Skanews : « Votre rêve est-il toujours de jouer en Afrique, ? Rencontrez vous des problèmes pour aller jouer là-bas ? »
Mike : Le problème c'est qu'on veut faire un concert pour les gens et pas
pour une Ambassade, sinon on aurait pu y aller. Si c'était le délire de
passer des vacances en Afrique et de faire un concert là bas, on aurait pu
le faire mais ça ne nous intéresse pas.
Le délire c'est d'aller jouer de préférence à Dakar ou n'importe ou
ailleurs. On voudrait que le concert soit gratuit en même tant. Nous avons
une grosse structure à déplacer, Sinsemilia c'est 18 personnes, tout ça a un
coût, l'organisation là bas ça a un coût. J'espère que ça se fera. »
Skanews : « Je crois que vous avez un studio et que vous avez monté votre label, est ce vrai ? »
Mike : « Nous avons un studio à Grenoble mais pour le label ce n'est pas Sinsemilia, c'est moi qui ai monté mon propre label avec le soutien des autres, mais pour une fois c'est un truc à part. Il s'appelle Intègre. Je vais signer sous peu le premier groupe, dans la tête il est déjà signé, c'est un groupe qui s'appelle Mig, un groupe de Trip Hop qu'on va emmener sur l'année 2001 en première partie. Mon but avec ce label est de faire des trucs artistiquement, et humainement m'éclater quel que soit le style. Je n' ai pas besoin de ça pour gagner ma vie, je la gagne très bien avec Sinsemilia. Je ne suis pas poussé à faire des trucs dans un but financier donc je me fiche de la réussite commerciale ou pas du truc. Je veux donner un coup de pouce à des trucs qui artistiquement me paressent très intéressants, mais qui n'intéresseront pas les grosses maisons de disques car pas assez commercial. C'est un peu ça le délire du truc. Je pense que je signerais un ou deux groupes par an parce que je n'ai pas beaucoup de temps et je veux bien m'en occuper.

Skanews : « Au niveau de la distribution ? »
Mike : « On va voir, on a un ou deux distributeurs qui sont intéressés par le truc, on verra comment ça va se passer avec le premier groupe. »
Skanews : « Au niveau du studio de Sinsemilia, vous allez faire vos futurs albums là bas ? »
Mike : « On y a fait nos pré-productions. Ce n'est pas un studio qui est apte à enregistrer un album d'un groupe assez reconnu quand même. On fait des albums là-bas pour des jeunes groupes grenoblois, premier album auto-produit. Là, c'est un gros outil de travail pour nous. Quand on est pas là il y a des musiciens de Grenoble qui font des prises et quand on est là, ça nous sert pour bosser. »
Skanews : « Sinsemilia va bientôt avoir dix ans. J'ai fait un sondage auprès des gens qui aiment Sinsemilia en leur demandant quel serait le plus beau cadeau que pourrait leur faire Sinsemilia et la plupart des gens m'on dit un album live ! »
Mike : C'est l'anniversaire de Sinsemilia cet été. C'est notre anniversaire
et c'est nous qui devons faire le cadeau (rires)
Nous y pensons très fort au live mais si il se fait il ne serra pas dans les
bacs avant fin 2001.
C'est compliqué pour nous sur scène, on est très vivant mais on peut pas dire qu'on joue très bien sur scène. On a toujours privilégié le côté
énergie à la qualité du jeu, donc quand tu es dans la salle ça va, à l'
écoute c'est plus discutable. A l'écoute tu vois pas que le mec qui saute
depuis 30 minutes et qui manque de souffle. On va voir comment on va gérer
le truc. »
Skanews : « Vous faites des morceaux inédits en tournée ? »
Sinsemilia : Pas encore mais sur la deuxième partie de la tournée début mars il devrait en avoir 2 ou 3. »
Skanews : « Que pensez vous de la scène aujourd'hui et de la petite gue-guerre entre certains groupes pour le fait d'être sur une major et le fait de rester indépendant ? »
Mike : « La scène est très diverse. Moi je vois des choses qui me plaisent
et d'autres moins dans lesquelles je me reconnais ou je ne me reconnais pas.
Après nous on croise 80 groupes par an, j'exagère un peu mais à peine, après
le débat être indépendant, être sur une major etc. Nous avons fait les deux,
nous avons fait un premier album autoproduit qui c'est très bien vendu, ce
qui montre que c'est jouable. Nous avons été chez Double T pour «
Résistance » ( en contrat d'artiste) qui n'est pas une major mais qui
est
très lié à Sony.
A mon avis c'est pas vraiment le fonctionnement, sauf si c'est vraiment de l'idéologie « je refuse de donner des sous à ces gens là », ça se tient,
mais
à la limite des sous ils en font avec ou sans toi.
Sony n'a pas attendu Sinsemilia pour se faire des sous. Mais après c'est plus une question du contrat que tu signes. Nous, on a rien perdu de notre
liberté peut être.
Le premier album faisait qu'on avait un poids et faisait qu'on décidait chez qui
on allait, on décidait sur quel contrat on signait, on a pu dire, cette
close, nous n'en voulons pas.
Tout fait qu'à un moment, nous avons totale liberté de notre truc.
La question est plus de savoir quel contrat tu signes et avec qui, plutôt qu'indépendant ou pas indépendant. Il n'y a pas que des crevards dans les
maisons de disques, il y a aussi des passionnés qui font leur boulot, ça
dépend sur qui tu tombes et ce que tu signes.

Skanews : « Est ce que tu peux me parler de la création du premier album de Sinsemilia et des moyens que vous aviez à l'époque ? »
Mike : « Il est sorti en novembre 95 et a été enregistré en septembre et octobre de la même année.
Déjà, nous avions fait un album surtout pour nous, le groupe existe depuis 5
ans à ce moment là. Un album pour garder une trace de ce que c'est Sinsemilia, Pouvoir dire dans 10 ans à nos enfants, « Regardez, c'était
ça, ».
Après, c'est une période où nous avons fait des petits concerts à
gauche, à droite. C'est une période où nous ne vivons pas de notre musique, tous les
sous des concerts sont réinvestis dans le groupe.
L'album nous a coûté en 70 et 80 000 Frs à peu près, ce qui est assez lourd,
on est 10 et on voulait faire des trucs bien. On avait 8 000 Frs sur le compte. après tant de concerts dans l'année on se
donnait un an pour rembourser ces 80 000 Frs.
Le truc à voulu qu'on vende nos 1 000 CD en 3 semaines. 3 semaines après nous avions remboursé le studio.
L'enregistrement du disque avait été fait dans un petit studio de Grenoble. »
Skanews : « Que pensez-vous du mp3 ? »
Mike : « Il y a un truc, c'est que les C.D. sont trop chers, à partir de là
je comprends tout à fait le mec qui va se graver un C.D. A l'époque on faisait des cassettes.
Ca devient plus discutable à partir du moment ou le mec en fait son
business.
Après ça gène plus les maisons de disques que les artistes. Sur un CD
à 109
Francs, Sinsemilia touche entre 18 et 22 Frs, (nous avons un super
contrat, ce qui fait que nous sommes un des groupes qui touche le mieux) après tu
fais le calcul du fait que Sinsemilia c'est 18 personnes. Le reste des sous
c'est la Fnac et la maison de disques et la TVA. C'est là que ça ce joue. »
Skanews : « Cette année il va y avoir la célébration des 20 ans de la disparition de Bob Marley, est ce que vous allez faire quelque chose ? »
Mike : « J'ai toujours beaucoup de respect pour Bob Marley. Adolescent c'
était un demi-dieu, aujourd'hui j'ai appris à relativiser. Le fait d'être
dans le milieu de la musique m'a montré que les musiciens étaient des mecs
comme tout le monde. Bob est quelqu'un que je respecte beaucoup, j'ai fêté tous les 11 mai à
ma façon.
Maintenant ça me fait un peu peur, on nous a proposé des trucs, j'ai peur de
jongler sur la vague. On va mettre la tête de Marley sur l'affiche, il y
aura écrit hommage à Marley.
J'aurais jamais le temps de preparer un vrai hommage à Marley, si c'est pour
faire un concert de Sinsemilia autant appelé ça concert Sinsemilia ! Je vais
encore dire une horreur, j'ai beaucoup de mal avec les reprises de Marley,
jeune on en a eu fait, a un moment il faut laisser le truc tranquille. C'est
personnel comme opinion.
Le nombre de groupes sur scène que j'ai entendu faire « Get Up Stand Up, je
ne les compte plus.
Le groupe qui a fait notre première partie à Sannois n'a fait que des
reprises de Marley. des gens qui ont mon âge, 26 ou 27 ans. Que des reprises
de Marley. un coup Techno, un coup Jungle. Qu'on laisse Marley tranquille ! »

Skanews : « Le morceau qui ouvre votre dernier album s'appelle « Le Futur ». Qu'aimeriez vous que l'on retienne de Sinsemilia dans 25 ans ? »
Mike : « C'est pas de Sinsemilia dont je voudrais qu'on se souvienne dans 25 ans. Je veux juste que les gens qui nous ont connus individuellement puisent dire que « c'était des gens bien ». Je me fous de ce qu'on retiendra du groupe Sinsemilia. »
Skanews : « Une dernière chose à rajouter ?»
Mike : « C'était agréable de parler avec une personne qui connaît bien le Reggae. Merci à tous. »
Interview réalisée par Jean-Pierre Boutellier / Skanews le 28 novembre 2000.
Merci à Julien Gourlay de l'EMB de Sannois.
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