BLOOD & FIRE Sound System
Interview de Steve Barrow, U-Brown et J.Cotton
Décembre 1997

Le Père Noël est passé un peu en avance en 1997 (le 20 décembre). Et le cadeau était de taille ! Rencontrer Steve Barrow, U. Brown et Joseph Cotton (a.k.a Jah Walton) dans le salon d'un hôtel parisien à quelques heures de leur prestation (Blood & Fire Sound System) à la Salle Gérard Philipe de Magny Les Hameaux. Reidgis The Duke, qui vénère ces trois personnages, arriva au lieu de rendez-vous très ému et fébrile. Steve Barrow, personnage d'une extrême gentillesse, répondit avec détails à toutes nos questions et décida de donner un nouveau surnom à Reidgis : "Jah Son".  U.Brown et Joseph Cotton viendront ensuite se joindre à nous afin de répondre à quelques questions.

BLOOD AND FIRE
La compagnie de disques Blood And Fire a été fondée en avril 1993. Il s'agit d'une entreprise créée par Elliott Rashman, Andy Dodd et Bob Harding de So What Arts LTD, la boîte de management de Simply Red, autour du projet amené par Steve Barrow, expert des musiques Jamaïcaines. Le leader de Simply Red, Mick Hucknall, soutient l'entreprise avec enthousiasme depuis le début en devenant rapidement actionnaire. So What Arts apporte son expérience importante en terme de business de la musique tandis que Steve Barrow, après avoir compilé et annoté plus de 70 albums pour Trojan Records ou Island (le mémorable coffret 4 CD "Toughter Than Tough", les fameuses compilations "Intensified" et "More Intensified" pour Island en 1980 etc...) devient naturellement le directeur artistique en raison de ses connaissances musicales ainsi que pour ses relations amicales de longue date avec les plus grands musiciens de l'île.
Chaque production est accompagnée d'un copieux livret contenant des crédits précis et complets, des interviews inédites et une présentation graphique exclusive. (extrait de "Blood And Fire Story", fanzine Skanews # 30, mars / avril 1997)

 

STEVE BARROW

Skanews : "Quand avez-vous écouté et aimé pour la première fois de la musique jamaïcaine ?"

Steve Barrow : "C'était vers 1961 / 1962, avec des titres de Derrick Morgan, des Skatalites. En Angleterre cette musique nous arrivait sur le label Blue Beat. C'est à ce moment là que j'ai commencé à écouter ce genre de musique."

Skanews : "A la fin des années 60 vous avez travaillé pour le boutique de disques "Daddy Cool". Etiez-vous propriétaire de ce magasin ?"

S. Barrow : "En fait j'ai été à l'origine de l'idée de la création de cette boutique, mais je n'étais pas le seul dans l'affaire. J'en suis partis assez rapidement pour aller travailler à la poste."

Skanews : "A quelle date avez-vous rencontré Bunny Lee ?"

S. Barrow : "la première fois que j'ai vu Bunny Lee, c'était en 1976 à Klik Records. la même année j'ai aussi rencontré Tapper Zukie qui travaillait avec Bunny Lee. la seconde fois, c'était en 1985 chez Trojan Records. Il m'a regardé, s'est souvenu de moi et nous sommes devenus bons amis au cours des années qui suivirent.
Fin 1989, en décembre pour être précis, j'ai décidé de quitter Trojan. Je ne voulais plus faire aucun travail pour ce label. Bunny Lee m'a donc dit d'aller trouver Chris Blackwell (patron de Island) qui pourrait me donner un job. J'ai dis oui et j'ai définitivement quitté Trojan en juin 1990. Je n'y retournerai jamais. Jamais, jamais... (Steve Barrow ne veut plus parler de cette période Trojan, NDLR)
Je suis allé chez Island l'année d'après. En 1990, Bunny Lee était en Angleterre et m'a personnellement encouragé à rester dans le business de la musique. "Ne le quitte pas" m'a-t-il dit. Island m'avait donné du travail. réaliser la compilation "Tougher Than Tough", l'histoire de la musique jamaïcaine en 4 CD avec livret. J'ai obtenu de l'argent pour ce travail. j'ai donc décidé d'aller en Jamaïque, et aussi d'écrire un livre.
A Noël 1990, Bunny Lee et moi même, nous étions à Londres avec Dennis Alcapone. A trois heures du matin, on mangeait un morceau. Dennis dit : "Hey Bunny, Steve écrit un livre sur le Reggae" et Bunny me dit : "Steve, tout ce que tu veux savoir, je te le dirai, tous les secrets, toutes les astuces, tout l'argent sale, toutes les rumeurs, je te les dirais". Et il l'a fait ! il m'a tout dit, mais je ne peux pas tout mettre dans le livre car certaines personnes sont encore vivantes !!!! (rires).
Bunny Lee est la personne que je respecte le plus, il est comme un père pour moi; il est un des plus grands producteurs jamaïcains. Il a lancé beaucoup d'artistes dans la musique. Plus de 50 producteurs restaient derrière lui.
Junjo Laws, Bertram Brown Freedom Sound, Don Mais Roots Tradition et bien d'autres ont été inspirés par Bunny Lee. Bunny est un des plus grands producteurs jamaïcains mais aussi une des plus forte personnalité que j'ai pu rencontrer dans ma vie.
Bunny Lee et moi décidons de partir pour la Jamaïque. Premièrement nous allons à New York, en partance de Londres. Nous y sommes restés 5 semaines. Puis nous sommes allés à Miami où nous sommes restés 3 semaines, puis nous sommes allés en Jamaïque. 5 mois se sont écoulés avant que je puisse rentrer chez moi !
Voilà les manières de Bunny Lee. Nous étions à New York pour 2 jours et nous sommes restés 5 semaines, nous étions à Miami pour juste une nuit et nous sommes restés 3 semaines. C'est dans ses habitudes car lorsqu'il est hors de Jamaïque, il courre pour son business.  Toronto, New York, Miami, Londres... partout  on peut trouver des productions de Bunny Lee. C'est toujours une rentrée d'argent qu'il peut ramener en Jamaïque, car là-bas, beaucoup de personnes dépendent de lui pour se nourrir, pour s'habiller. Il n'est pas homme à avoir beaucoup d'argent sur lui, ce n'est pas un "cash-man".
Vois-tu, si quelqu'un a faim, il l'emmène au supermarché pour lui acheter à manger et fais de son mieux pour l'aider. C'est un grand homme et un grand producteur, de 1969 à 1975, Bunny Lee a dominé la musique jamaïcaine. Le plus grand producteur, Yeah man !"

Skanews : "Les versions de Johnny Clarke sont vraiment killer !"

S. Barrow : "Johnny Clarke , Bunny Lee et King Tubby. Quand tu vérifies, King Tubby a vraiment permis à Clarke de percer et cela a permis à King Tubby de pratiquer ses techniques de Dub. Une énorme quantité de travail et tout cela pour Bunny Lee. Bunny Lee a quand même produit plus de 400 albums en 6 ans, et plus encore... Un phénoménal homme de travail. Bunny Lee a permis aussi à pleins de personnes de se rencontrer. Avec son groupe The Aggrovators, il a cassé la baraque."

Skanews : "Durant les années 70, avez-vous personnellement rencontré le grand King Tubby ?"

S. Barrow : "Jamais, Jamais... Il est mort en 1989 et je suis arrivé en Jamaïque en 1991.... Non, je n'ai pas rencontré King Tubby. Je connais Prince Jammy, Scientist, Pat Kelly, Prince Philip Smart, mais pas Tubby, malheureusement. Mais je connais King Tubby dans sa musique, quand il égalise un son : cchiiiiiiiiiiiiiiii !!!! Je sais quand  Tubby travaille, you know !"

Skanews :  "Avec son Flying Symbal Style"

S.Barrow :   "Yeah man !  Chicken Wings   ''Chiiiii  Chiiii  Chiiii Chiiii '' cela vient du style américain ''The Bump''

Skanews :   "Et le ''Ticler'' Style ?"

S. Barrow : "Oui mais ce style,  ce son était celui de Channel One , le flying Symbal,  lui, date de fin 1974 jusqu'à début 1975 . Pendant la période Channel  One,  Bunny Lee ne fut pas le producteur dominant car arrivaient en force des producteurs comme Jo Jo Hookim / Joe Gibbs  avec leurs Megamix."

Skanews : "Pour Joe Gibbs, l'ingénieur du son était Errol Thompson."

S. Barrow : "E. Thompson, grand ingénieur, grand ingénieur. Errol Thompson est pour beaucoup dans le succès de Joe Gibbs.

Skanews : "Que pensez-vous de Laurel Aitken qui tourne avec des groupes Ska revival ou des Skatalites qui font toujours des concerts ?"

S. Barrow : "Je trouve que c'est bien que les Skatalites tournent toujours et Laurel Aitken est quelqu'un qui n'a jamais cesser de travailler. "El Cubano" avec ses titres "Boogie In My Bones", puis plus tard "Jessie James", ou "Pussy Price", Wicked !!!
Laurel Aitken quitta la Jamaïque en 1959 ou 1960, il y reviendra plusieurs fois mais il gagnait de l'argent en Angleterre. Laurel Aitken Yeah !!!
The Skatalites..... The Skatalites, qui tournent encore aujourd'hui, c'est bien. De la musique live instrumentale avec sa section rythmique, c'est bien you know ! Les gens doivent savoir que cette musique ne peut pas être faite par un ordinateur. La musique est faîte par l'air, par la vibration, par les mains.... L'ordinateur est bien pour le sampling you know ! la musique live man !!! L'ordinateur ne peut pas faire cela. L'ordinateur c'est bien, la drum machine aussi, c'est une bonne technologie, mais nous devons avoir des musiciens pour faire fonctionner cette technologie. Quand je vois que les Skatalites sont toujours en tournée, je suis content, you know ! dans les années 60, quand les Skatalites jouaient ensemble, Don Drummond était vivant, Jackie Mittoo était vivant, you know ! Cette musique est pour moi une des plus prestigieuse musique du 20ème siècle. Des grands classiques you know ! Studio One, Top Deck et les autres... Et c'est bien de pouvoir les écouter encore aujourd'hui. Roland Alphonso est un des meilleurs saxophoniste du monde, son style est merveilleux. Il y avait Dizzy Johnny Moore, un grand musicien you know ! Pour moi, ces musiciens sont les meilleurs, les "top guys", mes héros, tout comme Derrick Morgan, Prince Buster ou Eric Morris, ce sont mes héros. A l'époque du Ska, Stranger Cole etc... toutes ces personnes sont les vrais héros du Ska. Les Skatalites et les différents chanteurs. Je suis toujours content de les voir faire des tournées encore aujourd'hui, il ne faut hésiter à aller les voir quand ils passent, pour aller voir le VRAI SKA ! Yeah !"

Skanews : "Est-ce que les disques de votre label Blood & Fire resteront dans le style Reggae des années 70, où allez-vous vous orienter vers du Rocksteady par exemple ?"

S. Barrow : "La collection Blood & Fire restera dans le style des années 70, avec du Reggae Roots, Deejay et Dub. C'est l'objectif. Si nous devions sortir un autre style de musique, nous le ferions sur un autre label you know ! Et nous avons le projet de faire cela l'année prochaine. En 1998, nous allons créer une sous label nommé Microphonic, qui sera dédié à la musique Deejay."

Skanews : "Quels sont les prochaines sorties du label Blood & Fire ? Peut-être un Johnny Clarke ?"

S. Barrow : "Oui, nous voulons faire un Johnny Clarke, un Max Romeo, encore des Dubs et des Deejays. le programme n'est pas encore fixé."

Skanews : "Des production Bunny Lee ou des producteurs variés ?"

S. Barrow : "Bunny Lee et d'autres producteurs"

Skanews : "Utilisez-vous des vinyls ou des bandes masters pour la réalisation des disques Blood & Fire ?"

S. Barrow : "Les deux.  Pour "If Deejay Was You Trade", sur les 16 titres, 14 viennent de bandes originales, 2 sont tirés de 45 tours. Il s'agit des deux premiers titres, c'est à dire Big Joe "In The Ghetto" et I. Roy "War & Friction". ces disques ont été restaurés grâce à l'informatique (noise
réduction)."

Skanews : "Le Jah Stitch sur votre label a été fait uniquement avec des 45 tours ?"

S. Barrow : "Non, une partie vient des bandes. Quand je suis allé en Jamaïque en 1991 et 1992, Jah Stitch et moi-même avons passé pas mal de temps dans le studio de Bunny Lee pour rechercher des bandes. Chaque nuit nous écoutions 25 bandes. Si nous écoutions un bon titre, Jah Stitch disait "C'est un bon titre, prends-le". Pour le Yabby You, sur 47 titres, 45 viennent de vinyls et deux viennent de bandes. Il s'agit de 2 titres instrumentaux Tommy McCook. Tout le reste vient de vinyls, des vinyls originaux de Yabby You. Parce que Yabby You a perdu toutes ses bandes."

Skanews : "Depuis quand existe le Blood & Fire Sound System ?"

S. Barrow : "Tout a commencé en première partie d'un concert où il y avait U.Roy, Horace Andy et Coco Tea. Nous avons passé des disques en nous appelant nous-mêmes The Blood & Fire Crew avec Joseph Cotton et Dennis Alcapone comme Deejays. Le public a beaucoup aimé. Nous avons trouvé que c'était une bonne manière de promouvoir les références Blood & Fire deejays.
En septembre dernier, U.Brown arriva en Angleterre à la suite de la sortie du "Train To Zion" sur notre label. J'ai commencé à passer des disques et U.Brown a commencé à toaster. Il a toasté sur des riddims Glen Brown, du Don Mais... Nous passions des dubs et il toastait dessus. J'ai donc rencontré des gens enthousiastes et 2 jours après j'avais décroché une tournée de 21 dates en Europe qui débute en février 98 avec comme deejays Joseph Cotton (Jah Walton), U.Brown et Ranking Joe. 3 grands deejays avec des tops lyrics, boum...!!!!"

Skanews : "Vous connaissez Joseph Cotton depuis longtemps ?"

S. Barrow : "Je l'ai rencontré lorsqu'il est venu chez Trojan. Il a travaillé avec Harry Mudie et Joe Gibbs. Il a fait des disques à l'époque, mais sous le nom de Jah Walton. Quand il est venu en Angleterre en 85 ou 86, il a changé de nom pour celui de Joseph Cotton. Il a fait des hits pour
Fashion Records."

 

JOSEPH COTTON aka JAH WALTON & STEVE BARROW

Joseph Cotton  était resté un peu en retrait écoutant attentivement l'interview de Steve Barrow. Il viendra ensuite s'asseoir près de nous et une conversation s'engagea de suite...

J. Cotton : " Oui, j'ai rencontré Steve pour la première fois chez Trojan Records. Je lisais toujours ses articles sur les faces arrières des albums. Steve est dans la musique depuis le début des années 60. En 1963, il y avait des vedettes comme The Maytals ou Prince Buster. Quand vous lisez un article de Steve, vous savez exactement d'où vient cette musique. J'ai rencontré Steve en 1988 chez Trojan Records, j'y étais avec Niney "The Observer" et Steve était là aussi."

Skanews : "Habitez-vous toujours en Jamaïque ?"

J. Cotton : "J'habitais la Jamaïque, mais désormais je réside parfois en Angleterre ou en Allemagne."

Steve Barrow : "Pourquoi as tu changé de nom quand tu es venu en Angleterre ?"

J. Cotton : "C'était en 1986, je lisais la Bible et j'ai vu Jah, qui est le nom de Dieu. je me suis dit que je ne m'appellerais plus jamais Jah... c'est le nom du Père."

Skanews : "Quand avez-vous commencé à être Deejay ?"

J. Cotton : "Je fais le Deejay depuis l'époque ou j'étais à l'école. J'écoutais des artistes tels que Prince Jazzbo, Dennis Alcapone, I.Roy, le grand U.Roy, Big Youth etc... "

Skanews : "Quel est votre Deejay favoris, votre modèle ?"

J. Cotton : "Il y a le grand U.Roy qui a été un modèle pour nous tous, mais mon inspiration vient de Big Youth."

Skanews : "Où avez-vous fait vos premiers enregistrements ?"

J. Cotton : "Mon premier enregistrement a été fait pour Joe Gibbs en 1976."

Skanews : "Chez Joe Gibbs, l'ingénieur du son était Errol Thompson"

J. Cotton : "Oui, Errol Thompson, un grand ingénieur ! un peu plus tard, j'ai fait quelques disques pour Harry Mudie, puis je suis allé à Treasure Isle faire quelques disques pour Sonia Pottinger, qui avait racheté ce studio après la mort de Duke Reid."

Skanews : "Combien avez-vous fait de 45 tours pour Joe Gibbs ?"

J. Cotton : "J'en ai fait qu'un seul, car j'ai préféré aller chez Sonia Pottinger... Puis plus tard je suis allé chez Derrick Harriott. C'était l'époque où "Flabba" Holt (basse) commençait à jouer avec les Roots Radics."

Skanews : "Vous avez donc travaillé avec l'ingénieur du son Errol Brown à Treasure Isle..."

J. Cotton : "J'ai fait 8 ou 10 titres avec lui. A cette époque nous avions les discomix en 12 pouces  (maxis 45 tours). Tout le monde était intéressé par ces grands 12 pouces. C'était vers 1979. Errol Brown est un grand ingénieur.... !
Il y avait aussi Sly & The Revolutionaries, nous avons repris des standards comme "My Best Girl" (Paragons / Duke Reid) et "Queen Majesty" (Techniques / Duke Reid) avec les overdubs.

Skanews : "Avez-vous personnellement rencontré King Tubby ?"

J.Cotton : "Oui, j'ai travaillé avec King Tubby, c'est le plus grand ingénieur du son du monde. Il y avait de très bons studios, mais Tubby aiguisait son son, et il était le meilleur."

Skanews : "Quels sont vos projets pour l'année 98 ?"

J. Cotton : "J'ai différents C.D. de prévus pour différents producteurs et notamment pour Blood & Fire. Je viens de sortir un C.D. qui est l'hymne de l'équipe de la Jamaïque pour le coupe du monde de football."

Steve Barrow : "Nous avons 20 titres de Jah Walton dans lesquels nous allons choisir 14 morceaux pour sortir un C.D. sur un label qui va voir le jour en 1998. Sur ce label, il y aura que de la musique Deejay de toutes les époques. Jah Walton est un Deejay qui n'est pas assez bien connu. Il a fait beaucoup de grands disques. Nous allons donc compiler 14 morceaux sur un C.D. sur notre nouveau label (subdivision de Blood & Fire) qui s'appellera Microphonic. Je connais Joseph depuis 10 ans, je respecte son travail. C'est un grand Deejay."

J. Cotton : "Ce que j'aime lors d'un Sound System lorsque je toaste, c'est de voir en direct la réaction du public devant nous."

Steve Barrow : "La force de Joseph est son expérience de Deejay..."

J. Cotton : "C'est aussi avec des passionnés comme Steve et son inspiration, que la musique est perpétuellement vivante."

Skanews : "Un grand merci d'avoir bien voulu répondre à nos questions, un dernier mot..."

S. Barrow : "Merci pour l'accueil des français qui est toujours formidable. Les français aiment vraiment le Reggae."

Steve Barrow vient de sortir un livre intitulé "Reggae, The Rough Guide" avec Peter Dalton. Ce bouquin est un guide de la musique jamaïcaine du Ska au Roots en passant par le Ragga en plus de 1000 C.D. et vinyls chroniqués et hautement recommandés. Vous pouvez vous le procurer à la librairie anglaise WH. Smith, 248 Rue De Rivoli, 75001 Paris pour 169 Francs.

 

U. BROWN
U. Brown est, tout comme Steve Barrow et Joseph Cotton, un être très sympathique. Malheureusement, celui-ci est beaucoup plus à l'aise derrière un micro pour toaster que pour répondre à une interview. Timide et peu causant, il ne restera qu'une petite quinzaine de minutes...

Skanews : "Dans votre disque Blood & Fire "Train To Zion", on peut lire que vous avez grandi dans Bond Street, ou vous habitiez. Au 33 de cette même rue, se trouvait la boutique et le studio d'enregistrement Treasure Isle. Avez-vous personnellement rencontré Duke Reid ?"

U. Brown : "Oui, je l'ai rencontré quelques fois, mais à l'époque j'étais un jeune garçon et je n'étais pas assez expérimenté pour faire des disques."

Skanews : "Votre album "Satta Dread" (Bunny Lee) n'est sorti qu'en Angleterre. Pourquoi pas en Jamaïque ?"

U. Brown : "C'était une décision du producteur, mais je n'en ai jamais vraiment su les raisons."

Skanews : "Que pouvez-vous nous dire au sujet de vos toasts pour Bunny Lee dans les années 70 ? Toastiez-vous sur les dubs à King Tubby's Studio ?"

U. Brown : "Oui, je toastais au studio de King Tubby. J'ai fait des enregistrements pour Bunny Lee dans les années 70 (voir le "Train To Zion" chez Blood And Fire, review dans Skanews #34 NDLR). Bunny Lee m'a apporté une bonne influence et m'a donné la chance de rentrer dans ce métier."

Skanews : "Habitez-vous toujours en Jamaïque ?"

U. Brown : "Oui, je suis né à Kingston même, ou j'ai grandi, mais maintenant j'habite Ocho Rios" (Pour information, Ocho Rios était le fief du producteur L. Lindo, dont le surnom était Jack Ruby), NDLR).

Skanews : "Quels sont vos projets pour 1998 ?"

U. Brown : "J'ai des projets d'enregistrements pour différents producteurs, je vous en reparlerais quand cela sera confirmé"

Skanews : "Pour terminer, un petit mot aux lecteurs de Skanews ?"

U. Brown : "C'est un très bon magazine, je tiens à dire aux lecteurs et à ceux qui ne l'ont pas encore lu, qu'il faut qu'ils aient ce magazine. C'est important, car il y a dedans de nombreuses choses qui vous permettrons de mieux connaître la musique Reggae que vous aimez."

Interviews de Reidgis The Duke, décembre 1997 / Skanews

Terminons avec U. Brown en apportant une petite précision. Sur le disque "Dreadlocks In Jamaica" paru en Jamaïque sur le label Attack et réédité ensuite par Basement Inc (BSMT 003) comportant une face Deejay et une face Dub il y a quelques erreurs : Deux titres sont crédités à U. Roy : "From Pillow To Post" et "Natty Hold The Handle". Ce sont en fait des titres toastés par U. Brown. "From Pillow To Post" s'appelle en fait "The Big Licking Stick". "Natty Hold The Handle" porte par contre son vrai titre.
Vous pouvez retrouver ces deux morceaux de U. Brown sur "Train To Zion" paru récemment chez Blood & Fire.

Tout fan de musique jamaïcaine se doit d'avoir dans sa discothèque la collection complète Blood & Fire qui retrace avec génie l'histoire de la musique jamaïcaine des années 70. Le choix des artistes et des morceaux, ainsi que la qualité de son sont exemplaires ! Roots Reggae and Deejay at the control pour notre plus grand plaisir ! Merci encore monsieur Barrow.

Toute la rédaction de Skanews tient à remercier chaleureusement Florent Droguet sans qui rien n'aurait pu être possible.

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