INTERVIEW DE THE TOASTERS
13 MARS 1998

L'Espace Michel Berger de Sannois accueillait le vendredi 13 mars 1998  The Toasters et Rude Boy System. L'occasion pour nous de les rencontrer et de vous rapporter des interviews !

LE CONCERT

L'accueil des responsables de la salle fut très chaleureux. L'Espace Michel Berger est un lieu de concert très agréable avec une acoustique très bonne. Rude Boy System entrera sur scène vers 21 heures pour un set excellent de 45 minutes. Au programme quelques standards exécutés de main de maître ("Our Mission", "Gun & Shot"...) plus quelques nouveaux titres très appréciés du public très nombreux. Rude Boy System, aidé par son excellent sonorisateur, offre un spectacle de très grande qualité sur scène. Le son est parfait, les instrumentistes sont au top à l'image de Laurent qui nous offrira de superbes solos de sax, Lord porte toujours le kilt (va falloir se raser les jambes !) et Fred assure un max au chant. R.B.S n'a pas fini de nous étonner et c'est tant mieux !

Après un petit entracte où nous avons pu discuter avec les KIIR (Irie men !), The Toasters entrèrent sur scène devant un public survolté. La salle était pleine à craquer et très vite  tout le monde fera la fête sur des versions musclées et assez speed des meilleurs titres du groupe. Petite anecdote : le saxophoniste des Toasters portait un T-shirt du label Sun Records... Rigolo non ?! Une soirée Ska chaude et inoubliable comme il n'y en avait pas eu depuis fort longtemps dans le Val d'Oise qui se terminera par trois rappels dont un boeuf avec les KIIR...! Inoubliable ! Précisons pour terminer que le prix d'entrée défiait toute concurrence : 59 Francs !!! Bravo les mecs !

 

THE TOASTERS

Mais revenons quelques heures en arrière.  The Toasters nous ont accueillis avec une extrême gentillesse et c'est devant un verre de très bon vin que l'interview commença :

Skanews : "Comment avez-vous trouvé le public français durant cette tournée ?"

Bucket : "C'est bien, on a toujours aimé joué en France, mais le problème c'est qu'on a pas pu toujours trouver un tourneur qui faisait du bon job. maintenant je crois que l'on est bien avec Jeff  de 3C,  et j'espère que nous allons pouvoir développer un réseau ici en France pour les groupes américains, surtout les groupes de Moon Ska"

Skanews : "Nous l'espérons aussi car c'est fort dommage que  The Scofflaws n'aient pu faire que deux concerts en France alors que c'est un groupe très aimé par ici..."

Bucket : "Tout à fait"

Skanews : "C'est vrai que vous avez changé souvent de tourneur en France par le passé. Il y a eu Isotope, puis Fred de Skarface l'an dernier, et cette année cela rechange encore... Il n'y a qu'en France que c'est comme ça ?"

Bucket : "En France il y a un problème, car il n'y a pas de réseau comme en Allemagne par exemple avec Moskito qui est en contact avec pas mal de monde. Ils sont liés ensemble et des tournées sont possibles. Ici en France, c'est pas encore le cas.  Il y a beaucoup de mecs qui font quelque chose en France, mais pas ensemble. C'est difficile en France aussi parce qu'il n'y a pas beaucoup de stations de radios qui diffusent cette musique."

Skanews : "Il n'y a que les radios associatives qui diffusent du Ska en France, et elles sont de moins en moins nombreuses. En Amérique du Nord, ce sont les radios universitaires qui diffusent du Ska..."

Bucket : "Tout à fait, c'est grâce à elles que nous avons pu entreprendre de grandes tournées. Il y a à peu près 1000 radios universitaires chez nous."

Skanews : "C'est vrai que cela fait un gros réseau... Mais, dans un autre ordre d'idées, qui distribue Moon Ska en France ?"

Bucket : "Personne..."

Skanews : "Personne ?, vous n'avez pas trouvé de distributeurs en France ?"

Bucket : "Si, mais il n'y a personne qui voulait payer... Donc ce n'est pas la peine de faire belote et rebelote, ce qu'on va faire cette année c'est de monter Moon Ska Europe en Angleterre. Il y a un vieux costaud de Dojo Records, Lol Pryor, qui s'en occupera et c'est lui le chargé d'affaire pour l'Europe. Au mois d'août je crois que cela va se lancer. On va avoir une diffusion en Angleterre et puis comme ça je crois que cela va marcher. C'est facile de trouver des diffuseurs, des distributeurs, mais c'est très difficile de trouver des gens qui veulent payer et après un bout de temps c'est vraiment embêtant."

Skanews : "Tout à fait, après on a l'impression de travailler pour rien.."

Bucket : "Oui..."

Skanews : "Vous n'êtes pas américain mais anglais, vous êtes resté jusqu'à quel age dans ce pays ? Vous avez aussi travaillé en France, vous parlez très bien français..."

Bucket : "J'ai habité en France au moins trois fois. Lorsque que j'étais petit, mon père était soldat britannique stationné en dehors de Paris, il faisait partie des forces stratégiques européennes, puis il a été basé à Mantes La Jolie. J'ai fait des stages pour travailler après le lycée en 1972, j'ai travaillé dans une usine de produits chimiques, j'ai été soudeur, tuyauteur, et puis après j'ai fait une année d'université à Strasbourg."

Skanews : "Comment avez-vous décidé de partir aux Etats Unis ?"

Bucket : "Comme ça..."

Skanews : "C'était pour monter un groupe et un label ?"

Bucket : "Non, c'était en premier lieu pour échapper à Margaret Tatcher, c'était en 1980. Et puis je ne pensais pas rester si longtemps aux Etats Unis. Au début j'étais sensé passer seulement 6 mois aux Etats Unis, et puis au fur et à mesure, je suis resté plus longtemps et j'ai donc monté The Toasters."

Skanews : "Vous n'aviez pas monté aussi un groupe nommé Not Bob Marley ?"'

Bucket : "La passage c'est fait très vite entre Not Bob Marley jusqu'à The Toasters, en trois mois. Not Bob Marley, c'était le nom de l'équipe qui a fait les premiers enregistrements démos dont "No Respect".

Skanews : "Cela a été facile de trouver des musiciens qui aimaient le Ska... ?'"

Bucket : "Il n'y en avait pas... Il a fallu que je leur fasse découvrir cette musique et que je leur apprenne à la jouer."

Skanews : "Quand vous êtes arrivé aux Etats Unis, c'était la pleine période Two Tone en grande Bretagne avec Madness, Specials, Selecter..."

Bucket : "C'est ça qui m'a étonné. Quand je suis arrivé à New York, j'ai été vraiment étonné qu'il n'y ai personne qui aimait la musique Ska. Je suis allé voir The English Beat, pour moi The Beat, à Roseland qui est grand endroit pour les concerts à New York, il n'y avait presque pas de spectateurs... C'est là que j'ai décidé de monter un groupe Ska.

Skanews : "Comment ont réagis les musiciens quand vous leur avez fait écouter du Ska et dit que vous vouliez jouer cette musique..?"

Bucket : "Cela a été difficile pour eux. Mais une fois que le groupe a démarré et qu'on a fait quelques concerts, nous avons réussi à attirer tous les musiciens qui s'intéressaient à cela. Ils ne savaient pas qu'il y avait un groupe Ska, mais une fois qu'ils ont vu ça dans les journaux, ils se sont pointés.

Skanews : "Vous avez donc fait un premier 45 tours "The Beat / Brixton Beat"..."

Bucket : "Oui, en 1983"

Skanews : "Ensuite vous avez édité le 30 cm 4 titres"

Bucket : "Recrimination" qui a été produit par Joe Jackson"

Skanews : "Comment l'avez-vous rencontré ?"

Bucket : "C'est un vieux pote..."

Skanews : "Vous le voyez toujours ?"

Bucket : " Il habite New York maintenant et on sort pour boire des pots de temps en temps."

Skanews : "Il vous a donné des coups de mains dans les débuts ?"

Bucket : "Oui dans les débuts... Un grand coup de main"

Skanews : "Il y a eu ensuite la création de Moon Ska. Il y avait Breakfast Music aussi, je crois ?"

Bucket : "Breakfast Music c'est le premier. Breakfast Music c'est pour l'édition..."

Skanews : "Et Moon Ska est arrivé avec "Recrimination"

Bucket : "Oui, c'est ça"

Skanews : "Et ensuite il y a eu pas mal de groupes qui sont arrivés, vu que vous avez réalisé la compilation "New York Beat", qui n'était pas une compilation exclusivement  Ska au départ, mais contenait tout de même de nombreux groupes Ska..."

Bucket : "c'est une compilation de groupes de New York qui comprenait aussi un groupe Oi, The Press et un groupe Mod, The Scene. C'est un miroir de ce qui se passait au CBGB's (club concert de N.Y.) en 1986."

Skanews : "Et dans la foulée, les groupes Ska ont fleuri aux U.S.A. Cela vous a étonné, c'est vous qui avez influencé d'autres musiciens... Comment cela c'est passé ?

Bucket : "Peut-être, je ne sais pas..."

Skanews : "Avant vous il n'y avait que très très peu de groupes qui avaient fait du Ska aux Etats Unis : Fishbone, Untouchables, Heavy Manners... Et d'un coup sont arrivés tout une multitude de groupes...; est-ce l'arrivée de ces groupes qui vous a donné envie de faire progresser Moon ska ?"

Bucket : "Oui, tout à fait"

Skanews : "Et au niveau du public, les gens ont accroché tout de suite ?

Bucket : "Cela a été un long travail, mais c'est un mouvement qui se développe d'années en années."

Skanews : "Et les Radios on été réceptives au début ?"

Bucket : "Non, ça a été très difficile, il n'y avait personne qui voulait en entendre parler. Nous n'avons eu aucun succès avec Moon Ska dans les radios jusque' en 1990. Au début c'était très dur, et après ça c'est débloqué."

Skanews : "Cela fait une quinzaine d'années que vous faîtes du Ska, n'est-ce pas difficile pour un groupe de se renouveler quand il tourne toujours autour du même rythme, à savoir la Ska ?"

Bucket : "Oui, un peu, parce qu'il n'y a que huit positions sur la guitare. mais la seule chose c'est qu'on est pas forcé de sortir un disque, et un disque doit sortir quand il le faut"

Skanews : "J'ai remarqué que mis à part le Ska, vous aviez aussi une grande passion pour Chuck Berry..."

Bucket : "Oui, je suis un fan de Chuck Berry. D'autant plus que la musique de Chuck Berry et des gens qui font ce style, c'est ça qui a directement influencé  les jamaïcains. J'ai parlé avec Lester Sterling (Skatalites) et c'est lui qui est censé avoir inventé le Upbeat , et je lui est demandé où il avait appris cela. Il m'a répondu qu'il avait écouté le guitariste qui jouait dans le groupe qui a fait le titres "Yakety Sax" . Il écoutait ce que faisait le guitariste et l'a refait ensuite au saxophone et c'est ce qui a donné le Upbeat, base du Ska."

Skanews : "Sur les dernières pochettes des Toasters, on remarque qu'il y a des têtes de morts et des signes un peu morbides.. Pourquoi ?."

Bucket : "Pourquoi pas ! (rires)... c'est un truc de pirates. Parce que nous avec les Toasters maintenant, c'est comme une équipe de pirates. Chaque jour nous abordons sur différentes terres, pour boire la bière, pour prendre la monnaie, faire le concert et puis hop (rires)..

Skanews : "Et pourquoi avoir intitulé votre dernier album :"Don't Let The Bastards Grind You Down ?"

Bucket : "C'est un vieux bon mot en Angleterre, c'est un truc de la classe ouvrière. On pourrait le traduire par : ne vous laisser pas écraser par le système... Luttez contre le système"

Skanews : "Il y a une tournée qui va démarrer aux U.S.A qui s'appelle le "Ska Against Racism Tour"

Bucket : "Oui cela va démarrer dans deux semaines. On rentre chez nous pour commencer cette tournée qui va durer six semaines dans tous les Etats Unis et puis après elle doit aller en Australie et Japon, et peut être que cela pourrait se monter ici plus tard... vers l'été."

Skanews : "C'est une chose qui vous touche vraiment le racisme... "

Bucket : "Bien sûr, si on regarde les membres du groupes, la moitié sont des noirs. Il y a aussi des juifs, des catholiques...."

Skanews : "Coolie Ranx ne fait plus partie du groupe ?"

Bucket : "Il ne fait plus partie du groupe, il a décidé de suivre son propre chemin avec The  Pilfers, qui est un très bon groupe avec l'ancien trombone des Bim Skala Bim. Un album doit sortir sur leur label prochainement."

Skanews : "Aujourd'hui il y a de plus en plus de labels Ska au Etats Unis, imaginiez-vous cela il y a dix ans ?"

Bucket : "Non, on a monté Moon seulement parce qu'on aime la musique et pour sortir les groupes que l'on rencontrait. Mais maintenant c'est devenu comme un snowboard, une boule de neige qui dévale la pente et cela devient de plus en plus grand, il y a de plus en plus de labels, et des styles qui vont du Ska traditionnel, au Ska Two Tone en passant par la Ska-core et la Ska Punk, c'est fou..."

Skanews : "Depuis quelques mois déjà, les groupes Moon enregistrent des clips et ceux-ci sont diffusés sur des chaînes de T.V. comme MTV. Vous disiez il y a plusieurs années sur Canal Plus dans une interview que le jour ou quelqu'un voulait mettre le Ska "tout en haut" il lui suffisait de passer des clips sur MTV. Comment réagissez-vous quelques années plus tard par rapport à vos propos ?"

Bucket : "C'est un bon mot qui est devenu vrai. Peut-être qu'il s'est passé quelque chose à MTV, Kurt Cobain est mort et il n'y a plus de Grunge, donc ils sont à la recherche de quelque chose de nouveau.. le Ska c'est le next big thing..."

Skanews : "Il y a des grosses maisons de disques (majors) qui vous ont contacté..."

Bucket : "Oui, mais nous avons dit non ! Cela fait 30 ans que j'écoute le Ska, cela fait 15 ans que je joue avec The Toasters, je ne veux pas donner le bébé aux vautours. Ce sont des vautours, qui ne connaissent rien à la musique, ils veulent juste faire du fric et c'est tout. Pour moi cela n'a jamais été une question de fric, il s'agissait d'aimer toujours la musique. Cela fait 10 ans que j'ai perdu de l'argent en montant Moon Records, mais Moon c'est ce que j'aime."

Skanews : "Comment réagissez-vous envoyant M.M Bosstones ou No Doubt sur de gros labels ?

Bucket : Ce sont des groupes qui ont des influences Ska, Ils sont là depuis 8 ou 10 ans et ont travaillé dur pour leur succès. Ce n'est pas un phénomène qui a été introduit par les majors compagnies. Mais ce qui est dangereux pour nous c'est que ce n'est pas du vrai Ska et j'ai peur qu'il y ait toute une  génération de jeunes  qui  pensent que ces groupes sont des groupes de Ska, tout en ignorant les 30 ans de tradition."

Skanews : En parlant de traditions, cela vous fait plaisir de voir The Skatalites signés chez  Island"

Bucket : "Oui, cela me fait plaisir, c'est un peu de justice. Enfin, après plus de 35 ans  de musique, ils vont gagner un peu de fric. Lester Sterling a fait une tournée avec nous aux Etats Unis qui existe en Vidéo "The Toasters Live In L.A".

Skanews : "Island fête aussi ses 40 ans avec une compilation "Ska Island"

Bucket : "Elle est vraiment super cette compilation"

Skanews : "Dans votre dernier album, vous reprenez "Gimme Some Lovin'" du Spencer Davis Group, groupe des sixties managé à l'époque  par Chris Backwell patron d'Island... "

Bucket : "C'est un petit clin d'oeil, un petit coup de main... J'ai toujours aimé cette chanson, il y a 15 ans on la jouait déjà avec The Toasters. C'est avec des morceaux comme ça, que j'ai appris aux américains comment jouer le Ska, parce c'est une chanson qu'ils connaissaient, et je disais qu'au lieu de jouer sur le deuxième et le quatrième temps il fallait jouer sur le premier et le troisième et c'est comme ça qu'ils ont appris à jouer le Ska."

Skanews : "Que pensez-vous de la scène Ska en Europe ?"

Bucket : "Il y a beaucoup de groupes, mais comme je l'ai déjà dit, il manque un vrai réseau ou système ou tout le monde pourrait se lier les uns avec les autres parce qu'il y a beaucoup de gens ici qui s'intéressent au Ska.... C'est toi qui avait un problème avec ça parce que j'avais mis dans Moon Skazette qu'il manquait un réseau (Bucket fait allusion à la lettre ouverte que je lui avait écrit dans Skanews fin 95, NDLR). On a publié ta lettre, je crois..."

Skanews : "Oui, tout à fait, je m'en souviens, c'était lors de la dernière tournée des Toasters en France. Vous aviez dit dans le résumé de cette tournée française paru dans la Moon Skazette, qu'en France ce il n'y avait pas tant de groupe que cela. J'avais donc répondu en éditant une lettre ouverte dans Skanews en disant qu'il y avait beaucoup de groupe et de gens qui se bougeaient pour faire avancer les choses..."

Bucket : "Ce que je voulais dire, c'est qu'il y a des groupes, mais ils ne travaillent pas les uns avec les autres..."

Skanews : "Beaucoup de groupes commencent à travailler ensemble, mais il vrai que certains refusent à travailler avec d'autres pour de multiples raisons. Il y a aussi des labels qui ne veulent pas bosser avec des fanzines... La grande majorité des groupes, des zines et des gens qui d'une manière ou d'une autre font avancer les choses  ont une idéologie totalement antiraciste, ce qui n'est pas le cas d'autres qui ne rejettent pas en bloc les idées racistes. C'est la principale raison pour laquelle en France certains ne travailleront jamais ensemble."

Bucket : "Oui, tout à fait. mais ce que je voulais dire avec mon article, ce n'était pas de discréditer la scène Ska française, je remarquais simplement que vis à vis des autres pays, c'est mal organisé."

Skanews : "Quels sont les groupes français que vous aimez ?"

Bucket  : J'aime bien les Rude Boy System, et KIIR groupe un peu plus Reggae qui a fait notre première partie hier à Dijon . Les Kargol's de Perpignan, Les Ejectés, Skaferlatine et un tas d'autres... dans le temps il y avait Verska Vis avec Skant. Il y eu deux compilations françaises, "Stompin With The Frogs" faites par Fred Skarface, vous le soutenez pas ?

Skanews : Non, pas du tout. On ne soutiens pas les gens qui ne cessent de vouloir nous discréditer sans raison... Mais j'ai lu dans un fanzine qu'il vous reprochait de lui avoir coupé le son alors qu'il faisait la première partie de votre groupe..."

Bucket : "C'est vrai, j'ai fait cela car il faisait la première partie et après il a dépassé son temps sur scène de trente minutes, on a donc coupé le jus. Pour moi la musique n'a jamais été une question de fric, mais de professionnalisme. Il nous a dit qu'il organiserait notre tournée en France. J'ai été d'accord, mais je lui ai dit que les Toasters sont une unité très professionnelle et que de dormir par terre cela ne va pas... J'ai eu des problèmes parce qu'il a organisé quelques concerts, mais dans sa tête, c'est lui qui devait être le plus important, donc il devait jouer 45 minutes, il a joué en fait 75 minutes, et il continuait de jouer et à ce moment là, le bassiste de notre groupe à dit au sonorisateur de couper. De plus il nous avait organisé une tournée qui était impossible à faire à cause des distances. Il y avait des dates annulées à courte échéance, c'est pour cela que j'ai téléphoné à Francis de Bordeaux en lui disant  : je n'ai rien à faire demain, je viens chez toi, on va faire un concert, comme ça. 150 personnes sont venu nous voir malgré seulement 24 heures de publicité. Et si Fred Skarface veut m'engueuler, that's all right, je n'ai pas le temps de traiter sur ce niveau là avec quelqu'un qui est uniquement intéressé par lui même et le futur de Skarface. Il a voulu utiliser The Toasters et Moon Records comme une échelle pour grimper dessus et cela ne m'intéresse pas. Il s'agit de dire la vérité, le mot de la fin est que je ne veux pas traiter avec quelqu'un qui s'intéresse tellement à lui qu'il n'en voit plus les autres."

Skanews : "Votre meilleur souvenir depuis que vous faites de la musique ?"

Bucket : "C'est la possibilité de faire des tournées à l'étranger, de voir que les gens connaissent The Toasters et cela me touche vraiment."

Skanews : Vous avez le record d'entrée au fameux club New Yorkais le CBGB's...

Bucket : "On organisait un concert par mois là bas. En 1987, on a monté deux journées de spectacle, un festival Ska avec Potato 5, Let's Go Bowling, N.Y. Citizens, The Toasters et quelques autres groupes.. On a battu le record d'entrée de cette salle avec ces concerts, ils n'avaient jamais vu autant de gens... Et je crois que ce record tient encore aujourd'hui... Il y avait tellement de gens dans la salle que pour accéder à la scène, les musiciens étaient obligés de passer sur la tête des gens !" (rires)

Skanews : Vous distribuez pas mal de groupes non américains sur votre label..."

Bucket : Ce n'est pas seulement de la distribution mais de la production, ces disques ne sont pas des imports mais sont pressés par Moon. Nous avons édité Bad Manners, Rude Bones, un best des Trojans, House Of Rhythm, The Busters et bientôt un Best de Mister Review..."

Skanews : "Vous avez des nouvelles de House Of Rhythm ?"

Bucket : "Je crois qu'ils veulent sortir un autre album... Pour moi c'est dommage car leur premier album se vend très mal, alors que c'est l'un des meilleurs groupes sur le label. On va faire aussi beaucoup de compilations dont une compilation internationale, pour réunir une scène mondiale. On a maintenant monté Moon Records au Brésil, au Japon, on lance l'Australie et au mois d'août Moon Ska Europe."

Bucket : "Il va y avoir un nouveau disque de Skavoovie & The Epitones, et un nouveau Scofflaws, mais ce que l'on va faire cette année c'est de construire notre réseau en Europe, nous allons avoir une tournée par mois avec les groupes Moon. Vous allez voir New York Ska Jazz au mois de juin, Scofflaws, Skavoovie & The Epitones, Skoidats, et ensuite The Articles. Ce que l'on va faire c'est d'aider à construire un scène ici en introduisant des groupes américains avec un réseau."

Skanews : "Et les projets pour The Toasters en 98..."

Bucket : "On va peut être sortir un album live à la fin de l'année."

Skanews : "Un dernier mot"

Bucket : "Si il a des gens qui s'intéressent à ce que l'on fait, il suffit de nous contacter aux Etats Unis avec leur adresse et ils recevront notre catalogue de VPC."

 

THE TOASTERS : "Don't Let The Bastards Grind You Down", nouvel album sur Moon Ska (U.S.A). Existe en pressage européen sur Grover.

 

Retrouvez sur le site l’interview des Rude Boy System réalisée ce soir là.

 

MOON SKA RECORDS, P.O BOX 1412, NYC, NY, 10276, U.S.A.

Vous pouvez aussi allez faire un tour sur le site de Moon Ska en passant par notre rubrique liens.

Interview réalisée par J-Pierre Boutellier.

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