Le rêve est enfin arrivé ! Depuis octobre 1993, date du premier numéro du fanzine Skanews, nous attendions avec impatience de pouvoir faire un article sur un nouvel album studio de Madness. On dit toujours que tout vient à point à qui sait attendre... Notre patience a été récompensée, le plus grand groupe  (au grand complet) de l'univers et de ses alentours, est de retour avec un septième album : "Wonderful" (Virgin). Restait à savoir si les sept mercenaires de Camden Town n'avaient rien perdu de leur talent d'antan ! Eh bien non ! Rassurez-vous !

"Wonderful" n'a certainement pas été écouté de la même manière par les fans que les autres opus édités dans les années 80. En effet, l'attente fut tellement longue, que tout le monde en a rêvé de ce disque... Je suis certain que de nombreux fans se reconnaîtront si je fais état de ces rêves obsédants et régulier qui ont "hantés" nombre de mes nuits de sommeil... j'avais le disque entre mes mains, j'admirais sa pochette, je posais la galette dans mon lecteur et vibrais sur les nouveaux titres du groupe ! C'était tellement réel que j'entendais vraiment des morceaux entiers... Ils étaient si fabuleux... Hélas, impossible de retrouver l'air d'un de ces titres en me levant... 

Bref, le nouveau Madness dans  mes mains tremblantes, je m'approchais de la platine C.D., de grosses gouttes de sueur ruisselaient sur mon front, mes jambes étaient en coton et mon estomac complètement noué... (allais-je être déçu ?) Attention instant émotion ! je n'avais pas voulu écouter "Maddley" ( medley regroupant des extraits de cet album) figurant sur l'une des deux éditions du single "Lovestruck" paru en juillet afin de garder l'instant intact, émouvant et solennel..

La suite est simple. Le plafond s'écarta doucement laissant apparaître la lumière divine, puis sept anges ailés me soufflèrent à l'oreille : "Alors, heureux ?". Avant même d'avoir le temps de réaliser, ma bouche s'ouvrit pour répondre :"You're wonderful, so wonderful, it's good to see you..."

Quel disque ! Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est le meilleur album des Maddies, mais franchement, il prouve que cette formation a toujours autant de talent et de génie !

Madness : "Wonderful" (Virgin)
(Chant : Suggs, Carl Smith. Guitare : Chris Foreman. Basse : Mark Bedford. Claviers : Mike Barson. Saxophone : Lee Thompson. Batterie : Daniel Woodgate. Production : Clive Langer & Alan Winstanley.
Enregistré aux studios Westside (Londres).  Parmi les musiciens additionnels on trouve Terry Edwards  et le London Session Orchestra. Pochette réalisée par Mark Bedford & Robert Stimpson.

Madness : "Lovestruck"
De la pure Nutty Sound à la mélodie imparable et soignée, entre "The Sun & The Rain", "Our House" et "Ghost Train"... Suggs est royal, Barson titille son piano, Mark fait vibrer sa basse, Thompson a astiqué son saxo magique, Chris a la guitare qui le démange, Carl fait de bonnes harmonies vocales.
Tout y est.... même les violons, qui apportent une profondeur supplémentaire...

Madness : "Johnny The Horse"
2 couplets avant que le refrain domine ce morceau aérien. "Johnny The Horse" est le deuxième titre de Madness sur les S.D.F. après le fameux "One Better Day" de 1984. Si l'on peut rapprocher au niveau du style et des arrangements la plupart des titres de "Wonderful" avec les albums des années 80, "Johnny The Horse" fait figure (avec "If I Didn't Care") de morceau vraiment novateur et prouve une nouvelle fois que Madness est le véritable moteur de la Pop anglaise !

Madness : "The Communicator"
Depuis le 33 tours "Absolutely" datant de 1980, Madness n'avait pas placé de titres Ska sur l'un de ses albums. C'est désormais chose faite avec "The Communicator". Carl est déchaîné, Suggs casse la baraque avec sa voix trafiquée... Ce titre, clin d'oeil à "Liquidator"  et "Moon Hop" est un bel hommage au mouvement Two Tone et à tous ses fans qui ont toujours été fidèles à Madness depuis deux décennies.

Madness : "4 A.M."
Titre du premier album de Suggs ("The Lone Ranger") repris par Madness. Difficile de parler de cette version car l'original de 4 A.M est mon titre préféré de Suggs en solo. la version de Madness est un peu plus lente, l'atmosphère générale me fait un peu penser à celle de "Grey Day". Madness s'en tire à merveille, mais rien ne pourra remplacer l'original !

Madness : "Wizard"
Du pur Madness ! Soutenu par des cuivres péchus, Suggs et Carl s'en donnent à coeur joie sur ce titre festif, rythmé et entraînant. Magique !

"Drip fed fred"
Une des big claques du disque. Depuis le temps que nous rêvions d'une rencontre entre Ian Dury et Madness...
Ce titre est né Hollande, pays d'adoption de Mike Barson. Lee Thompson alla plusieurs fois dans ce pays afin de composer quelques titres avec Mike. Lors d'un de ces voyages, il se retrouva dans le même hôtel que Ian Dury. C'est de là qu'a commencé l'histoire !
Tout est dans ce titre ! Pub-Nutty Sound, cuivres magnifiques, piano dégoulinant, atmosphère rappelant un peu le fameux disque "The Rise And Fall"... Thompson donne la réplique à Ian... C'est l'bonheur.... Vote for Fred !

"Going To The Top" : Un titre qui aurait pu être sur l'album "7" de 1981... Une sorte de "Promises Promises" tout à fait revigorant... Chris a certainement dû ressortir la gratte qu'il avait dans le clip "Shut Up " ! Barson quant à lui nous fait des descentes de piano comme il en a le secret, et Thompson est au toujours au top ! Merveilleux.

"Elyseum" : On se rapproche avec "Elyseum" de l'atmosphère de l'album "Keep Moving" de 1984. Suggs chante avec coeur ce titre un peu mélancolique aidé par une très bonne section de cordes. Elyseum est le morceau de cet album qui m'a le moins accroché au départ. Sabrina, de son côté, à complètement craqué dès la première écoute.

"Saturday Night Sunday Morning" L'intro commence un peu comme un titre de Phil Collins. Le reste est du bon Madness, mais j'ai l'impression que le groupe aurait pu faire mieux sur cet opus.  Il manque un petit quelque chose en plus... la version live doit certainement être meilleure.

"If I Didn't care" : Quel titre ! Une reprise d'un très vieux morceau, chanté par des dizaines d'artistes dont The Platters, je crois. L'atmosphère de ce titre est pesante, oppressante, superbement géniale, un peu comme dans certains morceaux de "The Madness" (1988). On ne s'en lasse pas...

"No Money" : Un titre dominé par le sax de Thompson et la voix de Suggs. Un dernier morceau qui donne envie, dès sa dernière note de remettre le disque dès le début.

"Wonderful" est un album à acheter les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes. J'aurais bien aimé qu'il dure un peu plus longtemps avec deux ou trois morceaux en plus, comme "You're Wonderful", "I Was the One" ou "Dreaming Man" qui auraient véritablement mérités d'être dessus.

J'ai l'impression, qu'inconsciemment ou non, le groupe a voulu avec ce disque se prouver à lui même qu'il était encore capable de faire d'aussi bons titres que par le passé. C'est certainement pour cela qu'il n'y a pas vraiment (mis à part deux titres) de véritable évolution au niveau du son et des arrangements. "Going To The Top" aurait pu être sur "7", "Elyseum" sur "Keep Moving"... Loin d'être du réchauffé ou du déjà vu, Madness a l'air de vouloir nous dire : "Vous voyez, malgré toutes ces années, nous sommes encore capable de faire aussi bien que par le passé".

La diversité des atmosphères de ce disque à certainement dérouté, lors des premières écoutes de l'album, de nombreux fans habitués a des concept-albums. En effet, quand on écoute les anciens disques de Madness, un véritable film se déroulait. Chaque album avait sa propre couleur, sa propre atmosphère. Madness était en constante évolution et chaque disque correspondait à l'une de ses périodes. Comment comparer "One Step Beyond" avec "The Rise And Fall" ou "Seven" avec "Mad Not Mad" ? Impossible ! Rien n'est pareil sur ces disques. Le talent et le coup de patte du groupe étaient là, mais le reste était toujours neuf. Madness n'a jamais tourné en rond. 

A 7, Madness est une véritable force. Chaque musicien apporte sa pierre à l'édifice et il en sort toujours  des titres merveilleux. Les 7 membres de Madness réunis forment une âme unique.  J'espère qu'un nouvel album sortira dans les deux ans à venir. La "thérapie" Wonderful aura fait son effet, et très serein, Suggs et ses potes nous livreront un disque qui regardera plus en avant qu'en arrière. Amen !

Regret : Chris Foreman n'a composé aucun titre pour ce retour de Madness. Il a préféré, comme il l'a dit dans un interview, prendre du plaisir en jouant sur les titres des autres.

Une note à cet album ? Un bon 15 sur 20 ! Et s'il y avait eu en plus "You're Wonderful", "I Was The One" et "Dreaming Man", la note serait montée à 18,5 ! 

Mis à part les morceaux de Wonderful, Madness a placé 5 titres inédits (enregistrés lors des sessions de "Wonderful") sur ses deux premiers singles, "Lovestruk" et "Johnny The Horse" : 

"We Are Love". Carl se livre à fond sur ce morceau qui n'a pas grand chose à voir avec le style Madness. Batterie, claviers, guitare, choeurs féminins, violons, cuivres...  Envoûtant !

"Round And Round" : Un titre intéressant pas ses textes, qui ne sont pas tendres avec l'univers du show business. Côté musical, ça traîne un peu en  longueur, dommage.

"You're Wonderful" (remix). mais où est passé le mix original ? habituellement quand on précise que c'est un remix, c'est que l'original est sur un autre disque... Eh bien dans ce cas, je ne vois pas lequel... Bref, "You're Wonderful" est un titre excellent chanté par Carl. Mais pourquoi ne pas l'avoir mis sur l'album ? C'est une bombe ce morceau ! rythme entraînant, refrain dévastant tout sur son passage (il suffit de l'entendre une fois pour l'avoir toute la journée dans la tête !) et gâteau sur la cerise (ou bien le contraire !), petit clin d'oeil (involontaire ?) à la "Fille Du Père Noël" de Jacques Dutronc sur un passage à la guitare sèche.

"I Was the One" : Encore une tuerie qui aurait dû figurer sur l'album. Une ch'tite composition bien léchée, du pur Madness ! Celle là aussi aurait pu faire un tube magnifique. Tout en gardant l'héritage de son passé, Madness regarde vraiment en avant avec ce titre fabuleux.

"Dreaming Man" : Carl se démène sur ce titre complètement déjanté. Là encore, je ne comprends pas pourquoi il ne figure pas en bonne place sur l'album! Du Madness pur beurre avec une pointe de "folie" Crunch. La classe !

A l'heure actuelle, il reste un seul titre de la session d'enregistrement de Wonderful qui n'a pas encore été édité : "Culture Vulture".

Le troisième single a être extrait du dernier album de Madness, « Wonderful » (Virgin est « Drip Fed Fred » en duo avec l’immense Ian Dury. Tout comme « Lovestruck » et « Johnny The Horse », « Drip Fed Fred » a été édité sous deux CD singles différents. Le premier offre « Drip Fed Fred » (The Conspiracy Mix) dans une version légèrement remixée par rapport à l’original disponible sur l’album, « Elyseum » (même mixe que l’album) et une version inédite délirante de « Drip Fed Fred » intitulée « We Want Freddie ». Le second est en tout point identique pour ce qui est de « Drip » et d’ « Elyseum »… Seule différence, « We Want Freddie » a été remplacé par un titre inédit (très décevant) des Maddies, « Light Of The Way »… Pas de piste vidéo cette fois-ci et pas de version live de « Drip » pourtant annoncée par les maddies en début d’année… snif ! J’allais oublier, le disque n’est monté qu’à la place 55 dans le classement des ventes de singles en Grande Bretagne. Quelques semaines après la sortie de « Drip… », par un 27 mars pluvieux, le grand Ian Dury quittait définitivement la scène mais certainement pas notre cœur (voir rubrique news)

Pour essayer d'être le plus complet possible, je tiens à terminer cette article en vous signalant la parution de deux fanzines excellents sur Madness  et d'un disque qui devrait ravir tous les fans de Madness :
   
"Madness Unsugged". Le plus beau zine que je n'ai jamais vu ! Format A4 en papier glacé couleur. 31 pages. La grande classe ! (£ 2,50 pour 1 numéro ou £ 10 pour 4 numéros, Vincent Carden, House Of Fun, 5 Hudson Road, Glasthule, Co. Dublin, Rep. Of Ireland).
   
"Nut Inc" :  Au sommaire du numéro 14, Interview de Terry Edwards, spécial "Cardiac Arrest", carrière solo de Suggs etc... (£ 2,00 pour 1 numéro, Stuart Wright, 29 Hollidge Way, Dagenham, Essex, RM10 9SP, England.)
   
Terry Edwards : "Yesterday's Zeigeist"

Après avoir participé au nouvel album de Madness, Terry Edwards nous livre son C.D., dont la pochette a été réalisée par mister Mark Bedford.  Terry Edwards faisait partie des Higsons (groupe du label Two Tone) avant de monter à la fin des années 80 le groupe Jazz, The Butterfield 8, avec le bassiste de Madness, Mark Bedford.

Cet album regroupe des titres de Terry Edwards avec son groupe The Scapegoats, quelques chansons avec la chanteuse Lydia Lunch et 4 titres enregistrés live au Dingwalls (Londres) en 1997 avec the Ska All Stars Extravaganza comprenant des membres de Madness (Mark Bedford, Chris Foreman...).

Pour recevoir ce disque, envoyez  £ 10 à Terry Edwards, P.O. Box 30608, London E1 1TS, England

Allez faire aussi un tour dans la rubrique liens afin de visiter quelques site sur les Maddies !

Jean-Pierre Boutellier / Skanews, janvier 2000.

 

CI DESSOUS, PLAQUETTE PROMO DU LABEL VIRGIN France DESTINEE AUX MAGASINS DE DISQUES

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